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Discours de Monsieur Gérard Larcher, Président du Sénat
Conférence agricole
Jeudi 16 juillet 2015

 

Mes chers collègues,
Mesdames et Messieurs,

Il y a un peu moins de deux semaines, à la suite de la « nuit de l’élevage en détresse », le président de la FNSEA a interpellé le Parlement en lui demandant d’organiser un débat, considérant que la situation de nombreux agriculteurs était dramatique.

Ce message de détresse, nous l’avons bien reçu au Sénat, qui est, je le rappelle, la chambre des territoires. Dès le 4 juin, la commission des affaires économiques présidée par mon collègue Jean-Claude Lenoir avait d’ailleurs appelé l’attention du ministre de l’agriculture sur la situation de l’élevage.

J’ai donc pris l’initiative, avec Jean-Claude Lenoir et Jean Bizet, qui préside la commission des affaires européennes, de vous réunir aujourd’hui, autour des sénateurs, pour un échange que je souhaite à la fois respectueux et concret sur les perspectives de nos filières porcines, bovines et laitières.

Je tiens à vous remercier d’avoir accepté d’être présents ce matin. Je sais que certains d’entre vous ont pu avoir quelques hésitations ou appréhensions. Je veux vous affirmer que nous n’avons pas l’intention de chercher à provoquer des divisions entre les acteurs de la filière agroalimentaire. Bien au contraire, nous voulons que cette conférence agricole permette de rétablir une plus grande cohésion de ses filières, qui sont aujourd’hui éprouvées.

Or l’enjeu est de taille car l’agroalimentaire est depuis toujours un atout de la France. Mais c’est aujourd’hui un atout en sursis et je souhaite qu’on se dise les choses franchement, en allant au-delà des enjeux du court terme.

Bien sûr, il existe aujourd’hui des attentes et une exaspération d’un certain nombre de producteurs qui ne se sentent pas considérés, pas reconnus au niveau où leur travail devrait l’être, pas écoutés et encore moins entendus ! Par cette conférence, le premier message que nous voulions leur adresser est que les Sénateurs ressentent cette souffrance. Je sais que c’est une préoccupation qui nous est commune à tous car nous mesurons, chacun à notre place et en fonction de notre activité, le danger qu’il y a à laisser ce désespoir perdurer.

L’une des questions que nous devrons évidemment aborder ce matin, c’est le prix versé aux producteurs : qu’est-ce qui explique la situation actuelle, comment peut-on avancer sur ce terrain et avec quels leviers ? À court terme bien sûr, mais aussi à moyen terme.
Mais la question du prix doit également être accompagnée d’une réflexion plus large sur la compétitivité de notre agriculture et de notre filière agroalimentaire en général. Et chacun d’entre nous a sa pierre à apporter à l’édifice. Je recevrai d’ailleurs les représentants de la restauration collective qui sont des acteurs du marché.

Les Sénateurs y sont prêts et je sais que plusieurs de mes collègues se sont emparés de ces sujets au cours de ces derniers mois, notamment :

- Jean Bizet et Daniel Grémillet en transmettant récemment des propositions de simplification de la politique agricole commune ;

- Michel Raison et Claude Haut qui viennent de rendre un rapport et une proposition de résolution européenne sur la filière lait, dans le contexte de la sortie des quotas ;

- Gérard Bailly qui mobilise son groupe d’études de l’élevage ;

- Daniel Dubois qui travaille à des propositions de simplification des normes agricoles ;

- Sophie Primas, en tant que rapporteur pour avis du projet de loi pour la reconquête de la biodiversité de la nature et des paysages ;

- Le Président Didier Guillaume qui fut le rapporteur avec Philippe Leroy du projet de loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt (octobre 2014) ;

- Les rapporteurs spéciaux et pour avis du budget de l’agriculture : Alain Houpert et Yannick Botrel au nom de la commission des Finances ; Gérard César, Jean-Jacques Lasserre et Frédérique Espagnac au nom de la commission des Affaires économiques.

Nous sommes assez nombreux ce matin et je veux vraiment que chacun puisse s’exprimer, de manière constructive et positive, pour avancer sur un certain nombre de points dans le courant de la matinée. Aussi, je vous inviterai à la concision dans vos propos, en reprenant la formule que nous avons adoptée dans le nouveau règlement de séance au Sénat : des interventions de 2 minutes 30 maximum. Pour tenir ce temps, je vous invite à aller à l’essentiel et à ne pas redire ce que d’autres auraient pu exprimer avant vous. C’est en rationalisant nos débats que nous pourrons aussi être concrets à la sortie.

Je serai intraitable !

Le ministre de l’agriculture a souhaité être associé aux réflexions de cette conférence et nous rejoindra à 11h30. Je lui présenterai alors un état des lieux de nos orientations, à la suite de nos réflexions.

Nos débats ce matin ne sont ni filmés ni retranscris, sauf les orientations si nous en dégageons, car je souhaite que chacun puisse s’exprimer en toute liberté et sincérité et je suis le garant du respect de ces principes qui sont dans les valeurs du Sénat. J’invite également chacun à tweeter avec modération ! L’avenir de l’agriculture mérite mieux qu’un temps d’humeur sur les réseaux sociaux ! Nous aurons une conférence de presse à 12h30 dans cette salle à l’issue de la conférence mais je tiens à ce que ces temps soient bien distincts. Cela me paraît nécessaire pour que nous établissions ce matin une relation de confiance que je souhaite durable.

Je vous remercie.