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Discours du Président du Sénat, M. Gérard LARCHER,
lors de la réunion des Présidents des Parlements de l’Union européenne
Session n° 1 : « L’Union européenne et ses voisins »
Vienne, le 8 avril 2019

Mesdames et Messieurs les Présidents,
Mes chers collègues,

Permettez-moi tout d’abord de remercier les Présidents des deux chambres du Parlement autrichien pour la parfaite organisation de cette réunion.

Je voudrais vous faire part de réflexions sur l’élargissement et la politique de voisinage, à la lumière des travaux menés par le Sénat français.

La politique européenne à l’égard des pays des Balkans occidentaux, qui sont bien en Europe, joue un rôle très important pour la stabilité du voisinage oriental de l’Union européenne et pour l’influence de l’Europe dans cette région.

Le processus d'élargissement doit cependant être fondé sur le respect des critères d'adhésion, selon les mérites propres de chaque pays, et tenir compte de la capacité d'absorption de l'Union européenne.

Or, chacun sait que les conditions ne sont pas toutes encore réunies pour conclure à court terme de nouvelles adhésions à l'Union européenne, même si nous saluons les pas historiques qui sont en cours et l’importance des coopérations régionales.

Mais il faut être clair sur ce point. Nous le devons aux citoyens européens, mais aussi aux ressortissants de ces pays pour lesquels nous ne devons pas ouvrir des perspectives qui ne seraient pas suivies d’effets.

Ma deuxième observation porte sur la politique de voisinage, en particulier en direction du Sud de la Méditerranée.

Les défis sont immenses.

Ils ne peuvent pas être uniquement eurocentrés.

Songez que, selon les projections, la population de l’Afrique devrait au moins doubler d’ici 2050 ! Comment le continent africain pourra-t-il gérer une telle évolution démographique ?

Les migrations, qui sont d’abord infra-africaines et qui concernent souvent des jeunes éduqués, ne peuvent être une solution aux problèmes de l’Afrique.

Il faut un effort accru de l’Europe et une meilleure coordination entre les différentes politiques : aide au développement, soutien à la gouvernance, régulation des flux migratoires, lutte contre les passeurs.

Le Sénat a fait des propositions pour une approche globale et un partenariat renforcé entre les deux rives de la Méditerranée.

Si nous ne parvenons pas à apporter des réponses efficaces au défi migratoire, nous risquons d’assister à la montée d’extrémismes. Il est donc indispensable de relever collectivement ce défi.

Ce sera d’ailleurs l’un des thèmes de la réunion de l’Association des Sénats d’Europe, qui se tiendra à Paris du 13 au 15 juin, et qui pour la première fois permettra une rencontre avec les présidents de Sénats africains.