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Discours de M. Gérard LARCHER, Président du Sénat, à l’occasion du déplacement dans la Meuse et de la visite
de l'Exposition « Nous, Présidents - 60 ans de Ve République » au Centre Mondial de la Paix
Vendredi 11 octobre 2019 - Verdun



Monsieur le Préfet,
Monsieur le Maire de Verdun,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires, cher Gérard Longuet, cher Franck Menonville,
Monsieur le Président du Conseil départemental,
Monsieur le Vice-Président du Conseil,
Monsieur le Président de l’Association des Maires de la Meuse,
Mesdames et Messieurs les Maires,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureux d’être parmi vous pour la visite de cette exposition « Nous, Présidents – 60 ans de Ve République » et l’inauguration de cette sculpture dans cette ville tant marquée par l’Histoire. De ? dans une ville symbole.

Cet anniversaire nous donne l’occasion de redire combien la Ve République est une chance pour la France.

Car si le Général de Gaulle a marqué l’Histoire de France, c’est non seulement parce qu’il a su dire NON à l’inacceptable, mais aussi parce qu’il a su préparer notre pays aux défis des temps nouveaux en bâtissant les fondements de la Ve République et en donnant à la France les Institutions qui lui assurent encore aujourd’hui une véritable stabilité.

En soixante années pourtant, marquées par les crises économiques, sociales et politiques, jamais nos institutions n’ont vacillé. Le Général a dit luimême, lors d’une conférence de presse en 1967 : « Un jour viendra, sans doute, où notre Constitution avec tout ce qu’elle implique sera devenue comme notre seconde nature. »

Les différents Présidents de la République qui se sont succédé, ont certes voulu apporter des modifications à la Constitution, mais chaque fois, ils ont épousé les institutions de la Ve République. François Mitterrand,  confia lui-même : « Les institutions n’étaient pas faites à mon intention. Mais elles sont bien faites pour moi. » et on l’a vu….

Jacques Chirac s’est inscrit dans la continuité de ces institutions. Lors de la cérémonie d’investiture, le 17 mai 1995, il déclara : « Je ferai tout pour que notre démocratie soit affermie et mieux équilibrée, par un juste partage des compétences entre l'exécutif et le législatif, ainsi que l'avait voulu le Général de Gaulle. »

Une première observation importante pour moi : jamais les institutions de la Ve République ne furent un obstacle à la modernisation de la France durant ces 60 dernières années, ce sont elles qui l’ont rendue possible, face aux conservatismes et aux extrémismes.

Et nos institutions ont permis de faire entendre plus haut la voix de la France dans le monde.

Cette exposition en témoigne : le Général de Gaulle a toujours placé la défense et la diplomatie au cœur de sa doctrine et donc de la Constitution. Nos Présidents de la République ont toujours eu la volonté de promouvoir la « grandeur nationale », avec notamment les moyens de la dissuasion nucléaire qui demeure un fondement de la diplomatie française.

À ceux qui voudraient toucher à cet édifice, je dis : mesurez toute la responsabilité qu'il y aurait à brader ce qu'il y a de plus solide dans nos institutions !

Notre Constitution a évolué au cours du temps. Il y a 11 ans, à l’initiative de Nicolas Sarkozy, était adoptée la loi constitutionnelle de modernisation des institutions de la Ve République reposant sur trois principes : ? un pouvoir exécutif mieux contrôlé, ? un Parlement renforcé, ? des droits nouveaux pour les citoyens.

Pour ma part, je continue à croire que nous avons, avec la révision constitutionnelle qui est entamée, une occasion de parachever le travail de rééquilibrage des institutions initié en 2008. Cette révision doit avoir pour objectif de mieux faire la loi, de réconcilier nos compatriotes avec leurs représentants et de préserver la représentation des territoires.

La diminution du nombre de parlementaires ne doit pas réduire au quasi silence certains territoires français au prétexte de leur faible démographie.

C’est pour préserver l’ancrage territorial des parlementaires que l’élection d’au moins un député et un sénateur par département, par collectivité territoriale à statut particulier et par collectivité d’outremer est essentielle.

Le Sénat représente par le suffrage universel, indirect certes, tous les Français et leurs collectivités territoriales mais il compense le handicap de ceux qui sont moins nombreux sur un large territoire en leur permettant d’avoir un peu plus de parlementaires qu’ils n’en auraient si le Parlement ne faisait que reproduire les déséquilibres démographiques du pays.

Cela lui confère aussi un autre atout : la proximité avec les élus locaux, tous les élus locaux, même les plus modestes qui, à l’heure de la mondialisation et des délocalisations, encore plus qu’avant, tendent à constituer un des socles fondamentaux de la cohésion nationale.

Une réflexion plus générale. La gouvernance moderne ne réside pas dans la verticalité, mais dans la subsidiarité. Ce sont des élus capables de relever les défis propres à leur territoire dans le cadre de la différenciation. C’est une autonomie financière qui permet aux collectivités de mener leurs politiques en pleine responsabilité.

Jacques Chirac, dont nous avons fait mémoire, déclarait au Conseil régional de Bretagne : « un souffle nouveau doit être donné à notre démocratie locale. Pour que les Français reprennent confiance dans leur vie publique, nous devons construire une véritable démocratie de proximité, à l'écoute des citoyens, à la mesure de leurs talents, au service de leurs projets.» Cela s’appelle une nouvelle génération de la décentralisation.

C’est ce que nous voulons faire, dès le 1er semestre 2020, si le Gouvernement décide d’inscrire à l’agenda parlementaire la révision constitutionnelle.

Mes chers amis,

Ici à Verdun, là où notre pays a subi tant de blessures, nous savons combien le meilleur peut être à notre portée dans la fidélité à nos institutions et à cet effort d’unité dans la diversité.


Seul le prononcé fait foi