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Anticipation stratégique : priorité ou démission ?


Mercredi 8 juin 2011

La commission des affaires étrangères du Sénat fait le point dans un rapport d’information présenté par M. Robert del Picchia sur les capacités d’anticipation stratégique de l’appareil diplomatique et militaire français.

La France a le deuxième réseau diplomatique au monde. Pourtant, elle n’a pas vu venir la « Révolution du Jasmin » ni le « Printemps arabe » et a même semblé désarçonnée face à la vague de démocratisation qui a déferlé sur les pays du Maghreb et du Moyen Orient.

Dans un monde devenu imprévisible, aux changements toujours plus rapides, l’anticipation a été portée par les Livres blancs de 2008[1] au rang de fonction stratégique à part entière. Mais les polémiques récentes masquent un désintérêt de fond pour cette question : depuis 2008, bien peu a été fait pour renforcer les capacités et le débat est, en réalité, au point mort.

Malgré la priorité affichée, les faiblesses bien connues du système français d’anticipation stratégique n’ont fait que s’accentuer : « nanisme » des instituts de recherche, éparpillement, conformisme intellectuel, « entre soi » d’une diplomatie de connivence, incapacité de l’expertise française à exister sur le plan international voire à peser sur les décisions…

« Dans la compétition mondiale des idées, celle du « soft power », la France devrait peser davantage », regrette Robert del PICCHIA.

Refusant d’accepter la persistance d’un aveuglement collectif comme une fatalité, ce rapport a pour but de rouvrir le débat, autour de trois pistes de propositions. Au-delà du renforcement et de la coordination indispensables des moyens, faut-il créer un Conseil consultatif de sécurité nationale auprès du Président de la République, organiser en France des « Assises internationales de l’anticipation » ou créer une « marque » autour d’un campus réunissant, à l’École militaire, une vraie communauté de la pensée stratégique française ?

Autant de questions que la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées livre à la réflexion pour nourrir, en amont, les débats à venir sur la revue du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationales.

 Le rapport d’information sur les capacités d’anticipation stratégique de l’appareil diplomatique et militaire français est directement disponible ici


[1] Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale et Livre blanc sur la politique étrangère et européenne de la France


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