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Avenir du port autonome de Bordeaux

8e législature

Question écrite n° 04908 de M. Marc Boeuf (Gironde - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 05/03/1987 - page 314

M. Marc Boeuf attire l'attention de M. le ministre de l'équipement, du logement, de l'aménagement du territoire et des transports sur l'avenir du port autonome de Bordeaux. Il a appris avec étonnement qu'un rapport définirait une politique tendant à concentrer l'effort national sur trois ports autonomes dits d'intérêt national rétrogradant celui de Bordeaux au statut de port d'intérêt régional. Il lui demande d'être vigilant face à une telle décision qui ferait perdre à l'estuaire de la Gironde sa vocation à un rôle d'intérêt international. . - Question transmise à M. le secrétaire d'Etat à la mer.

Transmise au ministère : Mer



Réponse du ministère : Mer

publiée dans le JO Sénat du 23/04/1987 - page 637

Réponse. -Il a été confié à M. Dupuydauby une mission de diagnostic sur le secteur portuaire. Les propositions faites dans ce rapport ne sauraient engager le secrétaire d'Etat à la mer. En particulier, il n'est pas question de retirer à Bordeaux son statut de port autonome. Il semble en effet au secrétaire d'Etat à la mer que la vocation et la mission de l'Etat implique, dans le contexte actuel, une responsabilité qui dépasse celle du devenir des seuls trois principaux complexes portuaires. Ceci résulte, à son sens, de considérations touchant à des préoccupations diverses comme, par exemple, l'aménagement du territoire ou les impératifs stratégiques d'un pays disposant d'une façade maritime aussi étendue que la nôtre. Le rapport de M. Dupuydauby insistait sans doute d'ailleurs plus, en amont de la proposition évoquée par l'honorable parlementaire, sur la nécessité d'une cohérence des ambitions affirmées et des moyens correspondants mis en oeuvre, notamment budgétaires. C'est donc dans le souci de la cohérence des positions qu'il vient de rappeler que le secrétaire d'Etat à la mer défendra ses options. Par ailleurs, concernant les suites qu'il entend donner au rapport de M. Dupuydauby, le secrétaire d'Etat à la mer a indiqué dans diverses circonstances récentes les mesures proposées qu'il entend mettre en oeuvre prioritairement : 1° la création d'un Conseil national des communautés portuaires. Cette instance qui rassemblera l'ensemble des intervenants sera une structure de réflexion sur les solutions à mettre en oeuvre pour le meilleur développement des ports français ; 2° une approche pragmatique port par port des problèmes difficiles de la manutention portuaire. Les plans qui viennent d'être arrêtés au Havre et à Dunkerque avec l'accord des différents partenaires (dockers, manutentionnaires, port autonome, collectivités locales et pouvoirs publics) constituent les premiers exemples intéressants qui sont riches d'enseignements ; 3° le renforcement des opérateurs portuaires qui doivent devenir des industriels au sens plein du terme à égalité avec leurs homologues étrangers, avec les responsabilités tant en matière sociale que dans la part de risque dans les investissements que cela implique. L'opération de création d'un " terminal rapide à conteneurs " au port du Havre, lancée cette année, doit être l'occasion d'illustrer cette nouvelle approche. Parallèlement une action a été entreprise par le ministère des transports pour améliorer la compétitivité des transports terrestres à partir ou à destination des ports maritimes. La libéralisation du régime de transport des conteneurs maritimes ou la démarche engagée concernant la tarification routière obligatoire à destination des ports en sont les premiers exemples.