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Evolution de la masse monétaire

8e législature

Question écrite n° 08845 de M. Paul Loridant (Essonne - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 10/12/1987 - page 1928

M. Paul Loridant interroge M. le ministre d'Etat, ministre de l'économie, des finances et de la privatisation, sur l'évolution de la masse monétaire M 3 en net dépassement par rapport aux prévisions de la Banque de France, pour 1987. En effet, l'objectif fixé par les autorités monétaires de 5 p. 100 est largement dépassé puisque celle-ci s'établit à 9,4 p. 100 en septembre. Cet indicateur étant un élément d'appréciation de l'évolution de l'inflation, il lui demande si ce mouvement n'est pas annonciateur d'une accélération de la hausse des prix en 1988.



Réponse du ministère : Économie

publiée dans le JO Sénat du 10/05/1988 - page 662

Réponse. -Il convient, tout d'abord, de rappeler que, s'agissant de 1987, deux objectifs avaient été retenus : progression de 4 à 6 p. 100 de M 2, et de 3 à 5 p. 100 de M 3. Les dernières données disponibles font apparaître une croissance (en rythme annuel et en moyenne mobile) de 40 p. 100 pour M 1 et de 9,1 p. 100 pour M 3 sur l'année 1987. M 2, agrégat le plus proche des encaisses de transactions, a ainsi connu une évolution très modérée, se situant au bas de la fourchette objectif, et inférieure à celle de la demande intérieure en valeur (+ 6,6 p. 100). Ce résultat satisfaisant reflète l'orientation anti-inflationniste de la politique monétaire suivie par le Gouvernement. La croissance rapide des agrégats larges M 3 et L s'explique, pour l'essentiel, par les arbitrages des investisseurs, des organismes de placement collectif en valeurs mobilières (O.P.C.M.) en particulier, qui, incertains quant à l'évolution des taux longs, se sont reportés des obligations sur les titres courts négociables. Cette modification dans la composition des portefeuilles des investisseeurs ne présente pas de risques inflationnistes. Pour 1988, l'objectif d'une croissance de 4 à 6 p. 100 de M 2, qui a été retenu, est compatible avec la croissance prévue de la demande intérieure totale en valeur (4,5 p. 100, selon les hypothèses économiques présentées à la commission des comptes et des budgets économiques de la nation le 18 mars dernier). Les premiers résultats enregistrés cette année (une croissance de M 2 de 3,7 p. 100 en moyenne trimestrielle centrée) sont conformes à cet objectif. En outre, sur les douze derniers mois connus, de mars 1987 à mars 1988, la hausse des prix à la consommation est de 2,5 p. 100, ce qui correspond à l'hypothèse qu'a retenue le Gouvernement pour l'ensemble de l'année 1988. L'écart d'inflation avec la République fédérale d'Allemagne a baissé de plus de moitié en un an et n'est plus que de 1,5 point : il est donc aujourd'hui à son niveau le plus faible depuis 1973. Hors énergie, la hausse des prix sur un an est la plus faible depuis vingt ans, ce qui confirme l'empleur du mouvement de désinflation dans notre pays. Ces résultats méritent d'autant plus d'être soulignés que 1987 est l'année de la libération définitive des prix.