Question de M. POIRIER Raymond (Eure-et-Loir - UC) publiée le 01/09/1988

M. Raymond Poirier attire l'attention de M. le ministre de la solidarité, de la santé et de la protection sociale, porte-parole du Gouvernement sur l'opportunité d'établir un dépistage obligatoire de la séropositivité au virus du sida à l'occasion des examens prénuptiaux et prénatals systématiquement effectués. Il lui demande si des enquêtes ou des études ont déjà été menées sur ce point et quelles sont les mesures qu'il entend prendre à cet égard.

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Réponse du ministère : Solidarité publiée le 16/02/1989

Réponse. - Depuis février 1987 une surveillance épidémiologique, mise en place dans neuf maternités de la région parisienne, a permis de montrer que l'efficacité du dépistage systématique n'était pas supérieure à celle d'un dépistage ciblé sur les groupes à risques. Compte tenu des résultats de cette enquête, des limites actuelles du dépistage (notamment liées à la durée d'incubation de la maladie) et de son rapport coût-efficacité, il ne semble pas justifié en termes de santé publique d'imposer un test obligatoire à toutes les femmes enceintes. Par contre, le test doit donc être systématiquement proposé par le médecin, avec une attention particulière s'il a des raisons de penser, à la suite de l'entretien qu'il doit avoir avec la femme enceinte, qu'elle appartient à un groupe à risque. En ce qui concerne l'examen prénuptial, le caractère obligatoire du dépistage n'aurait guère d'efficacité, puisque, d'une part, 20 p. 100 des enfants naissent hors mariageet que, d'autre part, on retrouve peu de sujets à risque dans la population accédant à l'examen prénuptial. Néanmoins, la visite prénuptiale doit être une des occasions privilégiées pour le médecin d'informer chacun des conjoints au sujet de l'infection par le V.I.H., de proposer le test et de prodiguer les conseils d'éducation pour la santé pour se protéger de la contamination.

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