Question de M. DE CATUELAN Louis (Yvelines - UC) publiée le 26/10/1989

M. Louis de Catuelan prie M. le ministre de l'agriculture et de la forêt de bien vouloir lui faire connaître quelles études sérieuses d'ensemble ont été menées pour mesurer et comparer les coûts et les avantages du pâturage ovin et caprin dans la lutte contre les incendies de forêt et les glissements de terrain par rapport à l'utilisation de moyens techniques d'intervention. Il lui demande de bien vouloir communiquer les conclusions de ces éventeulles études et les mesures qu'il entend prendre, le cas échéant, pour développer l'élevage ovin et caprin dans les zones défavorisées, eu égard au déficit commercial considérable que nous accusons en matière de viande ovine (2 milliards de francs)

- page 1726


Réponse du ministère : Agriculture publiée le 04/01/1990

Réponse. - En réponse au souci de l'honorable parlementaire de connaître les études menées pour le développement du pâturage ovin et caprin pour la prévention des incendies de forêt dans les zones défavorisées, il convient d'indiquer que deux stations de recherche de l'Institut national de la recherche agronomique (I.N.R.A.), basées à Avignon (sylviculture méditerranéenne et écodéveloppement), conduisent depuis plusieurs années des recherches importantes sur les systèmes sylvopastoraux, en collaboration avec des organismes de recherche-développement dépendant des structures de la profession agricole (Centres d'études et de réalisations pastorales Alpes-Méditerranée (C.E.R.P.A.M.) en Provence - Alpes - Côte d'Azur et le service interdépartemental montagne-élevage (S.I.M.E.) de l'Institut technique ovin-caprin en Languedoc-Roussillon. Elles se développent autour de deux principaux axes de réflexion : la connaissance du fonctionnement d'une parcelle boisée pâturée ; les conditions de réalisation en vraie grandeur d'aménagements sylvopastoraux, tant pour l'aspect technique que social et économique. Actuellement, sept sites d'opérations pilotes sont suivis par l'I.N.R.A., répartis sur plusieurs départements (pâturage ovin et caprin dans le Var et dans le Gard, les Hautes-Alpes, les Alpes-de-Haute-Provence, l'Ardèche, et pâturage hivernal de bovins dans les Bouches-du-Rhône). Parallèlement à ces opérations, des expérimentations et des opérations d'aménagement sylvopastoral sont conduites par des organismes de développement : le C.E.R.P.A.M. suit ainsi vingt-cinq sites en Provence - Alpes - Côte d'Azur, correspondant à plus de 3 000 hectares de massifs forestiers ; le S.I.M.E. suit plus d'une trentaine d'exploitations (Cévennes gardoises, contrefort de l'Hérault, les Pyrénées-Orientales, etc.). Un colloque organisé fin 1987 par le ministère de l'agriculture et de la forêt a permis de rassembler l'état des connaissances et des réflexions sur ce domaine, et les actes de ce colloque ont fait l'objet d'une large diffusion. Concernant les mesures envisagées pour le développement de ces activités pastorales, il faut rappeler que d'importants crédits sont mis en place dans le cadre du Conservatoire de la forêt méditerranéenne en matière d'aménagement rural pour expérimenter et développer dans ces zones sensibles un élevage adapté techniquement et économiquement. Enfin, l'intervention d'aides complémentaires provenant en partie de crédits européens et destinées au maintien de certaines pratiques agricoles dans les zones sensibles à faible densité est une mesure actuellement à l'étude et qui a fait l'objet de propositions budgétaires pour 1990.

- page 19

Page mise à jour le