Question de M. VOILQUIN Albert (Vosges - RI) publiée le 25/11/1993

M. Albert Voilquin attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur un rapport d'un organisme international, selon lequel les chrétiens et les musulmans chiites sont les principales cibles de la police religieuse, en Arabie Saoudite. Aucun culte non musulman, même en privé, ne peut être célébré et plus de trois cents chrétiens, tous étrangers, auraient été arrêtés depuis 1990. N'y aurait-il pas lieu de conduire une action toute pacifique auprès de ce pays, pour vérifier ces faits et en solliciter la disparition ?

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Réponse du ministère : Affaires étrangères publiée le 24/02/1994

Réponse. - Comme le sait l'honorable parlementaire, l'exercice de culte, pour toutes les confessions et partout dans le monde, est une préoccupation constante du gouvernement français : la défense de ce droit est en effet l'une des composantes de son action diplomatique, notamment pour ce qui concerne nos ressortissants à l'étranger. L'islam en tant que tel n'interdit pas la pratique de la religion chrétienne dans les régions où il est majoritaire. Certains pays du Proche-Orient, tels la Syrie, le Liban ou la Jordanie, comptent eux-mêmes de nombreux chrétiens, ainsi que des musulmans chiites, entre autres communautés religieuses ; la pratique des différents cultes n'y est soumise à aucune restriction. C'est aussi le cas dans la plupart des pays de la péninsule arabique. La situation est plus complexe en Arabie Saoudite en raison de la vigueur de l'islam wahhabite, qui interdit l'expression d'une foi religieuse autre que musulmane. Ce fait est bien connu. Nos concitoyens expatriés, comme les autres étrangers, connaissent dès avant leur départ les contraintes de la vie quotidienne dans un pays régi par une conception sévère de la loi islamique et mesurent la nécessité de ne pas heurter les exigences locales. Pour autant, ainsi que le relève l'honorable parlementaire, ces restrictions à la liberté de culte ne sont pas conformes aux recommandations de la Déclaration universelle des droits de l'homme. C'est pourquoi, au sein des instances internationales, la France oeuvre sans relâche en faveur de la tolérance religieuse. Tel a encore été le cas lors de la conférence mondiale sur les droits de l'homme qui s'est tenue à Vienne entre les 14 et 25 juin 1993. Nous avons pu mener dans cette enceinte un dialogue nourri avec des pays qui ne partagent pas nos conceptions : le document final de la conférence, adopté par consensus, réaffirme l'universalité des droits de l'homme en rappelant que, dans le respect des " particularismes nationaux et régionaux et la diversité historique, culturelle et religieuse des Etats ", il est de leur devoir, quel que soit leur système politique, économique et religieux, de protéger tous les droits de l'homme. Cette confrontation d'idées, à laquelle aucun pays ne s'est dérobé, est encore insuffisante sur le plan des engagements et des résultats, mais elle est sans doute fructueuse. Il semble en outre que le nombre des incidents liés à la pratique religieuse ait diminué récemment en Arabie Saoudite.

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