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Choix de l'implantation d'une gare sur le tracé du TGV Est

10e législature

Question écrite n° 11481 de M. Claude Huriet (Meurthe-et-Moselle - UC)

publiée dans le JO Sénat du 13/07/1995 - page 1380

M. Claude Huriet attire l'attention de M. le ministre de l'aménagement du territoire, de l'équipement et des transports sur le tracé du TGV Est et sur les différentes possibilités d'implantation d'une gare TGV. Le projet de l'implantation d'une gare lorraine à l'écart de l'axe ferroviaire Metz-Nancy suscite inquiétude et incompréhension chez les usagers des transports. Le site lorrain proposé dans l'enquête n'est accessible que par la route. On imagine mal les voyageurs venant des Vosges descendre du train à Metz ou à Nancy, prendre un car pour rejoindre la gare lorraine près de Cheminot, en rase campagne. Il serait préférable d'aménager des interconnexions entre la gare TGV, Metz et Nancy, et de renoncer à l'implantation envisagée. En outre, il semble que les futurs TGV Strasbourg-Bordeaux ou Brest passeront par Metz Sablons et non par Nancy, ce qui renforce la nécessité d'une interconnexion entre Metz et Nancy, afin que les Lorrains du Sud puissent bénéficier au même titre des liaisons TGV vers l'ouest de la France. En conséquence, il lui demande de bien vouloir lui indiquer quelles mesures il entend prendre pour éviter une erreur fâcheuse d'implantation, comme cela s'est déjà produit pour le TGV Sud-Est avec les gares de Montchanin-Le Creusot et Mâcon-Loché.



Réponse du ministère : Aménagement du territoire

publiée dans le JO Sénat du 07/09/1995 - page 1719

Réponse. - Le Gouvernement a décidé en septembre 1993 la réalisation du TGV-Est-Européen. Ce projet, mis à l'enquête préalable à la déclaration d'utilité publique le 16 septembre 1994, prévoit la réalisation de trois gares nouvelles implantées sur la ligne à grande vitesse dont une située sur la commune de Louvigny, dénommée provisoirement gare Lorraine. Cette gare permettra des dessertes province-province sans rupture de charge à Paris, grâce à la ligne d'interconnexion des TGV en Ile-de-France. Au cours des études, plusieurs sites d'implantation possibles ont été envisagés. Outre le site de Louvigny, les solutions d'implantation sur l'axe Métrolor Metz-Nancy et dans l'aéroport régional Metz-Nancy Lorraine ont été examinées et une étude comparative multicritères a été réalisée. Ses résultats montrent que l'implantation à Louvigny apparaît préférable tant au niveau des accès, de l'environnement que de l'impact économique. En particulier, la solution évoquée par l'honorable parlementaire, qui consiste à implanter la nouvelle gare sur l'axe ferroviaire actuel Metz-Nancy, est soumise aux contraintes techniques de la traversée de la vallée de la Moselle qui imposent une réalisation de la gare en viaduc à 1 200 mètres à l'est du franchissement de la voie Metz-Nancy. En plus d'un surcoût de 420 MF et de son impact visuel et phonique sur l'environnement, cette solution présente de nombreux inconvénients : a) les voyageurs en transit seraient contraints, entre la halte située sur la ligne Metz-Nancy et la nouvelle gare TGV, à un trajet de 15 minutes empruntant escaliers et trottoirs roulants sur plus d'un kilomètre ; b) il est impossible de réaliser une desserte routière directe et les passagers déposés en voiture seraient contraints au même trajet que les précédents ; c) globalement, du fait de ces inconvénients, le nombre de voyageurs diminuerait légèrement entraînant une perte annuelle de 3 MF par an pour l'exploitant ; d) enfin, la situation en viaduc rend impossible la réalisation des voies de maintenance indispensables au fonctionnement de la ligne, et qui donc, resteraient implantées sur le site de Louvigny. Par conséquent, l'implantation de la gare à Louvigny a été jugée préférable. Elle pourra faire l'objet d'une réflexion approfondie menée en partenariat entre l'Etat, la SNCF et les collectivités locales concernées, relative aux accès routiers et en transport en commun, ainsi qu'au schéma d'aménagement d'ensemble dans lequel elle s'inscrira. A la mise en service de la première phase, les dessertes d'interconnexions seront réparties sur les gares centre-ville de Metz et Nancy, dans un souci d'équilibre pour les dessertes de ces deux villes.