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Lutte contre l'illettrisme dans l'enseignement

10e législature

Question écrite n° 13758 de M. Emmanuel Hamel (Rhône - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 08/02/1996 - page 239

M. Emmanuel Hamel attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche sur le problème de l'illettrisme. Il lui rappelle l'affirmation fréquente que 40 p. 100 des élèves entrant en 6e maîtriseraient mal les données de base de la lecture. O, selon le président du Groupement permanent de lutte contre l'illettrisme (G.P.L.I.), " l'apprentissage de la lecture mérite une attention particulière de la part des instituteurs afin que les bases soient définitivement ancrées dans l'esprit des enfants " (source : Le Figaro du 4 octobre 1995). Il a été constaté que de nombreux enfants ayant des parents illettrés souffrent eux-mêmes de cet handicap. En conséquence, il lui demande quelle sera l'action du Gouvernement en 1996 pour stimuler et soutenir l'action des enseignants contre l'illettrisme, d'une part par leurs encouragements de la pratique de la lecture par les enfants et, d'autre part, par le soutien aux parents en difficulté, notamment par le développement de leur propre aptitude à la lecture afin qu'ils en transmettent la capacité et le goût à leurs enfants.



Réponse du ministère : Éducation

publiée dans le JO Sénat du 28/03/1996 - page 722

Réponse. - D'après différentes études, la population en situation d'illettrisme se situe dans une fourchette de 10 à 20 p. 100 de la population adulte (soit entre 4 et 8 millions d'adultes de plus de quinze ans). Ces personnes rencontrant des difficultés en lecture mais aussi pour écrire et pour compter sont nécessairement freinées dans leur insertion sociale et professionnelle. Le problème de l'illettrisme est effectivement un fléau contre lequel il faut lutter dès le plus jeune âge. Le ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche a pour mission essentielle de lutter contre les difficultés scolaires que rencontrent certains élèves et c'est à ce titre qu'il s'est engagé à prévenir les situations d'illettrisme. La maîtrise de la langue est la condition première de la réussite scolaire. Diverses mesures, prenant en compte toute l'importance que revêt la maîtrise de la langue ont d'ores et déjà été mises en oeuvre. Il s'agit tout d'abord du plan de développement des bibliothèques centres documentataires (BCD) consistant à soutenir l'ensemble des démarches visant à développer le goût de lire, à améliorer la bonne maîtrise de la langue française orale et écrite, à permettre l'accès à des lectures diversifiées et la production de textes multiples, à préparer à la recherche documentaire et à l'acquisition de méthodes de travail autonomes, mis en place progressivement en 1993 et s'achevant cette année. Conformément à la mesure no 5 du Nouveau contrat pour l'école, un observatoire de la lecture à été installé en février 1995. Il a d'ores et déjà fait le point sur les analyses récentes relatives aux capacités et aux pratiques de lecture. Les Programmes de l'école primaire, entrés en vigueur en septembre 1995, mettent l'accent sur la maîtrise des langages de base et en priorité sur la maîtrise de la langue française, orale et écrite. Actuellement un CD-ROM sur la lecture est en cours d'élaboration en collaboration avec le CNDP. Il se présentera sous la forme d'une base de données sur la pédagogie de la lecture et ses objectifs seront de favoriser la diffusion et l'échange d'informations entre praticiens, d'établir des liens entre les pratiques de terrain et la recherche fondamentale et appliquée et de faciliter l'appropriation des informations contenues dans le CD-ROM (options de sélection, d'impression, d'exportation dans un logiciel de traitement de texte). Par ailleurs, en 1990, la direction des écoles a demandé à chaque recteur de désigner un chargé de mission académique " maîtrise de la langue " afin de coordonner l'ensemble des actions menées dans l'académie. Sur le plan de la formation continue, un tiers des stages proposés en 1995-1996 aux formateurs des enseignants des écoles seront consacrés à la maîtrise de la langue orale et écrite.