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Moyens pour lutter contre les épidémies au Nigéria et au Zaïre

10e législature

Question écrite n° 14569 de M. Emmanuel Hamel (Rhône - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 21/03/1996 - page 623

M. Emmanuel Hamel signale à l'attention de M. le ministre délégué à la coopération l'information parue dans Le Figaro du 1er mars 1996 selon laquelle " Au Nigéria, la méningite a déjà fait plus de 1 650 victimes, au Sénégal, c'est la choléra qui semble menacer le pays ". Il lui demande : 1o quelle est à ce jour l'évolution de ces deux épidémies ; 2o quelle sera l'action du Gouvernement français pour aider le Nigéria et le Zaïre à vaincre ces épidémies ; 3o quel budget le Gouvernement français va consacrer à l'aide aux associations françaises et aux Etats Africains concernés pour le combat de ces terribles épidémies.



Réponse du ministère : Coopération

publiée dans le JO Sénat du 20/06/1996 - page 1520

Réponse. - L'épidémie de méningite cérébro-spinale qui a débuté en début d'année a atteint 13 pays d'Afrique sahélienne et causé près de 13 000 décès pour 100 000 cas notifiés (Bulletin hebdomadaire de l'OMS du 6 mai 1995). Malgré l'ampleur de la dernière épidémie, le phénomène n'est pas nouveau. Chaque année, les pays de cette zone connaissent des poussées épidémiques avec, tous les 4 à 5 ans, une flambée de plus grande envergure causant des dizaines de milliers de cas et, du fait des insuffisances des systèmes de surveillance mis en place, des centaines de décès. Les épidémies de MCS restent intimement liées aux conditions climatiques qui prévalent en zone sahélienne. Elles débutent et évoluent en saison sèche pour s'éteindre dès l'arrivée des premières pluies (juin-juillet). L'épidémie qui sévit depuis le début de l'année est actuellement sur le déclin et s'éteindra dès l'arrivée des premières pluies. Le ministère de la coopération a apporté une aide, par l'intermédiaire de la cellule d'urgence, au Burkina Faso (300 000 doses de vaccins avec matériels d'injection p 25 000 traitements de chloramphénicol) et au Tchad (200 000 doses de vaccins p matériels d'injection). Le Nigéria, pays le plus touché par l'épidémie (42 000 cas déclarés et près de 6 000 décès), a bénéficié d'un soutien du service de l'action humanitaire et de l'Union européenne qui a financé l'ONG - Médecins sans frontières - (MSF Belgique). Les laboratoires fabricants de vaccins ont pu livrer, depuis le début de l'épidémie, près de 25 millions de doses de vaccins A p C, dont 10 millions au Nigéria, ce qui correspond à leur production annuelle. Ils sont actuellement en rupture de stock. Les prochains lots ne seront disponibles que fin juin, pour les flacons de 10 doses, et en juillet, pour ceux de 50 doses, ce qui correspondra à la fin de la vague épidémique. Après avoir frappé plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, le choléra sévit au Sénégal depuis août 1995 où il a été introduit par un porteur de vibrion en provenance du Cap-Vert. Le premier cas a été diagnostiqué à Dakar le 24 août et l'épidémie s'est ensuite étendue dans la plupart des régions du pays avec comme épicentre la ville religieuse de Touba qui se caractérise par un brassage permanent des populations alors que le foyer de la capitale était éteint. Les actions préventives (mesures d'hygiène individuelle et collective) et de prise en charge des cas graves de déshydratation mises en oeuvre ont bénéficié d'un appui de l'Union européenne, avec comme opérateur Médecins sans frontières, pour un montant de 3 MF. Le reste des besoins à couvrir, estimé à 2 MF par le gouvernement sénégalais, a été assuré par les bailleurs de fonds bilatéraux, dont la France, qui a participé à hauteur de 500 kF pour l'achat de solutés de réhydratation, de matériels d'injection et d'antibiotiques. Aujourd'hui, la situation du choléra est, au Sénégal comme dans la plupart des pays Ouest africains, sous contrôle en dehors de la persistance de quelques foyers résiduels. La maladie étant " endémisée " depuis plusieurs années en Afrique, il faut cependant s'attendre à assister, au moment des saisons des pluies, à des recrudescences épidémiques.