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Situation d'une nonne tibétaire incarcérée

10e législature

Question écrite n° 20398 de M. Bernard Barbier (Côte-d'Or - RI)

publiée dans le JO Sénat du 06/02/1997 - page 327

M. Bernard Barbier attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur la situation de Ngawang Sangrol, nonne tibétaine, âgée de dix-neuf ans, qui a été arrêtée au cours d'une manifestation pacifique le 17 juin 1992. Sa peine initiale de trois ans a été triplée car elle avait " osé " chanter dans sa cellule. Depuis, ce nouveau châtiment de neuf ans a été doublé car, dans sa cellule d'isolement, elle a crié " Vive le Tibet libre ". Depuis quatre mois elle subit un traitement sans pitié. Il lui demande donc en conséquence de bien vouloir lui faire savoir quelle position compte adopter la France pour faire respecter les droits de l'homme.



Réponse du ministère : Affaires étrangères

publiée dans le JO Sénat du 06/03/1997 - page 685

Réponse. - L'honorable parlementaire a bien voulu appeler l'attention du ministre des affaires étrangères sur la situation des droits de l'homme au Tibet, et plus particulièrement sur le cas de Ngawang Sangdrol, jeune nonne tibétaine. Arrêtée le 17 juin 1992 lors d'une manifestation pacifique dans le centre de Lhassa, Ngawang Sangdrol, alors âgée de seize ans, a été condamnée à trois ans de prison pour " activités séparatistes ". Sa peine a ensuite été portée à neuf ans en septembre 1993, pour avoir chanté en prison des hymnes à l'indépendance du Tibet, tout comme Phuntsog Nyidron, une autre dissidente dont la France déplore la condamnation. D'après les informations dont disposent les gouvernements européens, elle aurait été condamnée à neuf années de prison supplémentaires en mars 1996, après avoir refusé de se plier à une séance de rééducation où elle devait critiquer le Dalaï-Lama. La France suit avec une grande préoccupation l'aggravation de la situation des droits de l'homme au Tibet, contraire aux principes fondamentaux déterminés par la charte des Nations unies et la Déclaration universelle des droits de l'homme. Elle souhaite que la liberté religieuse et la spécificité culturelle de cette région autonome soient respectées par le gouvernement chinois. Elle soutient le dialogue ad hoc que l'Union européenne mène avec la Chine sur ce sujet. Le gouvernement français continuera d'évoquer ces questions, dans le cadre de prochains entretiens bilatéraux avec les autorités chinoises. Il appellera au dialogue entre les autorités chinoises et le Dalaï-Lama. Il exprimera, en outre, son attachement à la sauvegarde du patrimoine culturel et religieux tibétain et soulignera le rôle que l'approfondissement de l'Etat de droit peut jouer dans le cadre de la modernisation économique et de l'ouverture internationale de la Chine.