Allez au contenu, Allez à la navigation

Situation en Albanie

10e législature

Question écrite n° 21047 de M. Xavier de Villepin (Français établis hors de France - UC)

publiée dans le JO Sénat du 13/03/1997 - page 731

M. Xavier de Villepin attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur la situation en Albanie. Dans ce pays, où sont installés soixante-dix-huit Français, il souhaiterait savoir si toutes les mesures sont prises pour assurer leur sécurité. La France envisage-t-elle de prendre des initiatives pour éviter qu'une déstabilisation de ce pays constitue une nouvelle menace pour l'équilibre et la paix dans la région ?



Réponse du ministère : Affaires étrangères

publiée dans le JO Sénat du 02/06/1997 - page 1613

Réponse. - L'honorable parlementaire a bien voulu appeler l'attention du ministre des affaires étrangères sur la situation en Albanie, sur les mesures prises pour assurer la sécurité de la communauté française et sur les initiatives que la France envisage de prendre pour éviter une déstabilisation de ce pays. Le gouvernement français a pris, parmi les premiers, les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité de ses ressortissants. Dès le 3 mars, il a publié un communiqué recommandant aux ressortissants français qui envisageaient de se rendre en Albanie de renoncer provisoirement à leur déplacement et à ceux qui étaient dans ce pays et dont la présence n'était pas indispensable, de regagner la France. Le dispositif mis en place pour l'évacuation des Français a parfaitement fonctionné le 14 mars. Il a permis d'évacuer quarante-sept Français sur les 77 immatriculés. Une dizaine de Français ont souhaité rester sur place. La France - comme ses partenaires européens - est vivement préoccupée par la situation en Albanie, pays européen, francophone et ami de la France. Elle partage le souci de l'honorable parlementaire d'éviter une déstabilisation de ce pays qui pourrait constituer une nouvelle menace pour l'équilibre et la paix dans la région. Le gouvernement français a d'abord répondu favorablement - à titre bilatéral - à la demande d'assistance humanitaire des autorités albanaises. Il s'est ensuite employé à faire le nécessaire - dans toutes les instances multilatérales et internationales - afin que ce pays, secoué par la violence depuis le début de l'année, retrouve un climat général de sécurité. C'est dans cet esprit que la France a oeuvré, notamment aux côtés de l'Italie dans la force multinationale de protection et dans l'élément multinational de police de l'UEO. Enfin, il s'emploie, avec ses partenaires européens, à rechercher les concours et les soutiens indispensables pour le redressement économique et financier de ce pays, une fois que l'Albanie aura retrouvé le fonctionnement démocratique de ses institutions, notamment parlementaires. A cette fin, la France a plaidé depuis les élections législatives du printemps 1996, qui ont fait l'objet de critiques de la part des observateurs internationaux, pour le dialogue et la concertation entre tous les partis politiques. Elle oeuvre actuellement pour la tenue d'élections législatives, dans un cadre démocratique consensuel, qui permettraient la mise en place d'un gouvernement albanais représentatif et stable.