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Enseignement du français en Italie

11e législature

Question écrite n° 03322 de M. Xavier de Villepin (Français établis hors de France - UC)

publiée dans le JO Sénat du 09/10/1997 - page 2680

M. Xavier de Villepin attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur le projet de réforme du système éducatif italien et sur ses conséquences pour l'enseignement du français en Italie. Le ministre de l'instruction publique et de la recherche scientifique discute actuellement d'un projet au Parlement italien prévoyant l'enseignement obligatoire de l'anglais. Cette réforme risque de contribuer à l'érosion de notre langue en Italie. Il souhaiterait donc savoir s'il est envisagé de prendre des mesures pour aboutir à l'apprentissage réciproque du français et de l'italien dans les deux pays.



Réponse du ministère : Affaires étrangères

publiée dans le JO Sénat du 27/11/1997 - page 3280

Réponse. - L'apprentissage réciproque du français et de l'italien dans les deux pays constitue un point sensible dans les relations franco-italiennes dans la mesure où l'italien, placé en quatrième position après l'anglais, l'allemand et l'espagnol des langues enseignées dans le système éducatif français, n'occupe pas encore un rang correspondant à l'importance des relations franco-italiennes. Toutefois, l'italien est présent à tous les niveaux du système éducatif français et bénéficie de l'ensemble des dispositifs réglementaires et pédagogiques propres à l'enseignement des langues étrangères en France. En outre, des efforts particuliers sont menés dans les domaines suivants : sensibilisation à l'italien au niveau de l'enseignement élémentaire à partir du CE 1 (opération " CE 1 sans frontière ") ; dispositifs spécifiques dans l'enseignement secondaire : enseignement à distance (CNED) ; sections internationales d'italien (au nombre de 21) ; sections européennes d'italien (au nombre de 83 en 1997, dont 22 en lycée) ; programme bilatéral d'échanges d'assistants (109 étudiants par pays pour une durée d'une année scolaire). Depuis deux ans, on assiste, à la suite de ces mesures, à une légère augmentation des effectifs apprenant l'italien. En revanche, il est exact que le nombre d'élèves apprenant le français dans le système éducatif italien diminue régulièrement depuis plusieurs années au profit des élèves apprenant l'anglais. Il reste que 30 % des élèves apprennent le français comme première langue vivante au lycée, 35 % au collège et 18,2 % des élèves concernés par l'enseignement d'une langue étrangère à l'école primaire choisissent le français. Il est non moins exact que les débats en cours en italie sur le projet de loi de réforme du système éducatif tendent à mettre l'accent sur la nécessité de proposer l'étude de l'anglais à tous les élèves pendant la scolarité obligatoire, dès l'école primaire, alors que l'apprentissage d'autres langues est évoqué de manière imprécise. Cette réforme risque de contribuer à une érosion sensible de l'apprentissage du français en Italie. Compte tenu de cette situation et pour favoriser à long terme un développement de l'enseignement de notre langue en Italie, le Gouvernement français s'efforce : d'obtenir des autorisés italiennes, un accord pour l'apprentissage d'une seconde langue vivante dans l'enseignement secondaire jusqu'à la maturità (baccalauréat italien) ; de soutenir toute initiative visant à valoriser l'image de notre langue dans le système éducatif italien (campagne de promotion, développement des échanges éducatifs, soutien aux associations de professeurs de français) ; de favoriser l'extension des enseignements bilingues (laquelle porte actuellement sur quatre établissements à Bologne, Florence, Tarente et Rome), sur le modèle des sections européennes en France. Un effort est mené afin de favoriser d'autres initiatives dans quelques grands lycées classiques des principales villes italiennes (Milan, Turin, Palerme, Catane, Naples...). L'ensemble de ces mesures, et notamment la première, est de nature à assurer une diversification de l'enseignement des langues vivantes favorable au français, ainsi que la mise en oeuvre concrète du pluralisme culturel et linguistique, telles qu'elles sont prévues par la résolution et le mémorandum approuvés dans le cadre de l'Union européenne par le conseil éducatif et le conseil affaires générales de mars et juin 1995.