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Lutte contre le tabagisme des jeunes

11e législature

Question écrite n° 03839 de M. Emmanuel Hamel (Rhône - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 23/10/1997 - page 2865

M. Emmanuel Hamel attire l'attention de M. le secrétaire d'Etat à la santé sur l'information parue à la page 24 dernier alinéa du magazine d'information sur les drogues et les toxicomanies intitulé Interdépendances numéro 23 des mois de septembre et octobre 1997 selon laquelle " en France chaque semaine, 10 000 jeunes grillent leur première cigarette... " Il lui demande s'il confirme ce chiffre, dans l'affirmative quelle est sa réaction face à ce terrible constat et quelles mesures il envisage de prendre pour mieux informer et prévenir les jeunes des méfaits du tabac et ainsi éviter qu'ils ne commencent à fumer.



Réponse du ministère : Santé

publiée dans le JO Sénat du 12/11/1998 - page 3654

Réponse. - La consommation globale de tabac a diminué en France de plus de 10 % de 1991 à 1997. Cependant, le nombre de consommateurs reste très préoccupant, notamment chez les jeunes. Parmi les adultes de plus de dix-huit ans, près de 40 % des hommes et 30 % des femmes fument, dont plus des trois-quarts régulièrement. Chez les jeunes de douze à dix-huit ans, 34 % sont des fumeurs et neuf sur dix sont des fumeurs réguliers, mais ils sont 50 % à seize ans et 58 % à dix-huit ans. Malgré la relative stabilité de la proportion des fumeurs parmi les jeunes depuis le début des années 90, il faut noter que l'âge moyen d'installation d'une consommation régulière de tabac est passé de 12,5 ans en 1980 à 14,4 ans en 1995, que parmi les douze-treize ans 15 % étaient fumeurs en 1983 contre 8 % en 1995. L'augmentation régulière des prix du tabac et l'interdiction de la publicité pour le tabac sont des facteurs importants, s'agissant en particulier des jeunes. Les campagnes de prévention, menées par la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés et par le Comité français d'éducation pour la santé, axées plus particulièrement cette année sur l'arrêt du tabac, visent à réduire le nombre des fumeurs dans toutes les classes d'âge. Par ailleurs, le Gouvernement a, dans la loi de finances de la sécurité sociale pour 1998, modifié le système de taxation des tabacs et s'est engagé à augmenter les crédits en faveur de la prévention du tabagisme, qui passent de 20 à 50 MF cette année. Il convient de souligner également que le projet de directive européenne visant à interdire la publicité pour le tabac en Europe va conforter la politique menée par la France et donner un signal fort aux consommateurs de tabac. La modification progressive de l'image de la cigarette, de moins en moins valorisée socialement et culturellement, devrait contribuer à dissuader les jeunes d'adopter un comportement tabagique.