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Infection de l'hépatite C transmise par endoscopie

11e législature

Question écrite n° 04152 de M. Emmanuel Hamel (Rhône - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 06/11/1997 - page 3052

M. Emmanuel Hamel attire l'attention de M. le secrétaire d'Etat à la santé sur l'information parue à la page 15 du Figaro du 21 octobre dernier dans laquelle " selon le réseau national de santé publique, un quart des cas d'hépatite C observés pourraient être la conséquence d'un geste endoscopique. Un taux énorme, contesté par certains experts. Dans 30 % des cas, l'hépatite C est due à une transfusion, 30 % à une toxicomanie, dans 40 % des cas il n'y a pas de cause évidente... " " Plusieurs travaux ont mis en évidence un lien entre hépatite C et endoscopie. Mais qui a recherché, par exemple, la relation entre mésothérapie, acupuncture, fréquentation des salons de coiffure, soins de beauté, soins dentaires, épilation ou encore tatouage et hépatite C ? Demande un médecin de Marseille. Les arguments qui font de l'endoscopie un facteur de risque d'hépatite C sont insuffisants ". Il lui demande quelle est sa réaction face à cette information et à ces propos, que peut-il répondre à la constatation faite par le médecin journaliste auteur de l'article précité " qu'une chose est sûre : si le temps de trempage de vingt minutes, recommandé pour la désinfection des endoscopes, semble détruire le virus de l'hépatite C, un temps plus court pourrait être inefficace. Or, les durées de trempage, jusqu'à présent, n'ont pas toujours été respectées partout ". Quelle est son action pour obtenir ce respect ?



Réponse du ministère : Santé

publiée dans le JO Sénat du 29/10/1998 - page 3480

Réponse. - L'hépatite C concerne, en France, 500 000 à 600 000 personnes dont les trois quarts seraient porteuses du virus. Les pouvoirs publics se sont efforcés de prévenir sa dissémination, notamment, par des recommandations concernant les procédures de soins et, plus particulièrement, la désinfection des endoscopes (cf. circulaire DGS/DH nº 236 du 2 avril 1996). Les modes de transmission du virus de l'hépatite C sont imparfaitement connus. Schématiquement, en 1995, un tiers des sujets infectés l'ont été par voie transfusionnelle. Chez un autre tiers, on retrouve une pratique de toxicomanie intraveineuse. Pour le derniers tiers, on retrouve chez plus de la moitié des patients des antécédents de geste interventionnel diagnostique ou thérapeutique (l'existence d'une intervention dans les antécédents du patient ne prouve pas forcément que celle-ci soit à l'origine de l'infection observée). Les autres modes de transmission (sexuelle, mère-enfant et intra-familiale non sexuelle) jouent probablement un faible rôle mais qui nécessitent d'être précisés. Deux cas de transmission du virus de l'hépatite C, survenus lors de coloscopies, ont été publiés dans le " New England Journal of Medecine " en 1998. Dans ces cas, il est probable que la transmission du VHC ne soit pas due à la contamination par les endoscopes, mais par la réutilisation de seringues pour administrer l'anesthésique. Des études complémentaires à l'enquête coordonnée par le réseau national de santé publique en 1994-1995 ont été réalisées pour évaluer la part de risque de transmission du VHC par endoscopie. Ces études retrouvent des antécédents d'endoscopie pour 15 % des patients ayant une hépatite, mais ces études ne permettent par de relier avec certitude ces antécédents aux contaminations. Une étude en cours de publication, réalisée par l'équipe du CHU de Rouen, n'a pas permis de mettre en évidence une prévalence plus élevée chez des patients ayant eu une endoscopie par rapport à la population générale. Le risque de transmission lors d'endoscopie existe, mais il n'est pas quantifiable et semble faible. Des audits des procédures de désinfection sont réalisés par des professionnels hospitaliers. Des inspections de contrôle de sécurité sanitaire sont effectuées lors de suspicion de transmission du VHC au cours d'interventions, notamment, par endoscopie. Par ailleurs, un plan régional de contrôle sanitaire des activités de désinfection et de stérilisation a été initié par une circulaire du 28 novembre 1997. Ce plan prévoit la réalisation d'inspections dans tous les établissements pratiquant de la chirurgie.