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Devenir du porte-avions Le Clemenceau

11e législature

Question écrite n° 04954 de M. Hubert Falco (Var - RI)

publiée dans le JO Sénat du 18/12/1997 - page 3508

M. Hubert Falco attire l'attention de M. le ministre de la défense sur le devenir du porte-avions Le Clemenceau qui fait désormais partie de notre patrimoine et du paysage de la rade de Toulon. Ce bâtiment sera très prochainement désarmé. Répondant à l'attente de la population, le conseil général du Var a formulé des propositions pour offrir un nouveau destin au Clemenceau, transformé en musée flottant de l'aéronavale. Au regard de l'expérience du Colbert, il apparaît que ce projet est à la portée du département. En effet, au regard de l'expérience du Colbert, il apparaît que le budget de fonctionnement annuel du Colbert est de 5 millions de francs et le déficit pris en charge par les collectivités est de 1 million de francs. La marine estime à 8 millions annuels les frais de personnels et d'entretien du Clemenceau. Une fois l'investissement initial réalisé, le coût annuel sera couvert par la recette des entrées, à laquelle pourra s'ajouter la participation de la région et de l'agglomération de Toulon. Compte tenu de la renommée du Clemenceau et de son positionnement, on peut légitimement espérer 100 000 visiteurs par an, ce qui justifie que l'on s'intéresse à ce projet. En outre, une convention mettant à la disposition du département le bâtiment pourrait tout à fait prévoir l'utilisation des parties non visibles comme pièces détachées du Foch. Il lui demande quelle suite il pourrait accorder à ce projet.



Réponse du ministère : Défense

publiée dans le JO Sénat du 12/02/1998 - page 478

Réponse. - L'intérêt patrimonial du porte-avions Le Clemenceau, sa valeur historique et l'incontestable attachement porté par la population varoise à ce bâtiment, peuvent expliquer l'idée de transformer ce navire en musée flottant de l'aéronautique navale. Cette proposition, qui peut à première vue paraître séduisante, se heurte toutefois à un obstacle majeur. En effet, Le Clemenceau doit être utilisé par la marine nationale comme base de pièces de rechange pour le porte-avions Foch. Cette opération, techniquement et financièrement indispensable, a déjà commencé et se prolongera pendant toute la durée de vie du Foch. Pour en assurer le bon déroulement, il est nécessaire que la marine conserve toute liberté d'agir. Une convention, passée entre la marine et le département du Var sur ce point, ne pourrait vraisemblablement pas empêcher que le Le Clemenceau présente un aspect peu compatible avec un projet d'aménagement en musée. Des prélèvements de matériels liés à la propulsion seraient, notamment, de nature à nuire très gravement à l'aspect extérieur de ce porte-avions. Par ailleurs, la mise d'un bâtiment de combat aux normes d'établissement recevant du public, sa conservation à flot ainsi que le maintien de sa bonne présentation, supposent un très lourd investissement initial puis un financement soutenu dans le temps. Dans un contexte budgétaire déjà difficile, la marine ne pourrait contribuer à ces dépenses supplémentaires. Cependant, la marine souhaite que soit réaffirmée la dimension maritime et militaire de la région toulonnaise. C'est ainsi qu'elle participe activement aux études sur le " Pôle touristique et culturel de la rade de Toulon ", développé par les collectivités locales, afin de faire partager au grand public la connaissance de la tradition navale française.