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Situation des professionnels de travaux sur cordes

11e législature

Question écrite n° 06135 de M. Guy Fischer (Rhône - CRC)

publiée dans le JO Sénat du 12/02/1998 - page 443

M. Guy Fischer appelle l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie sur la revendication de l'Union nationale des professionnels de travaux sur cordes, qui représente les prestataires des services spécialisés dans l'activité permettant de réaliser des travaux en hauteur ou d'accès difficile, notamment dans le domaine du bâtiment. L'activité de ces professionnels s'inscrit dans le cadre juridique fixé par le décret du 8 janvier 1965, et ils constatent que les dispositions de celui-ci ne sont plus adaptées aux techniques modernes de sécurité auxquelles ils doivent se conformer. Constatant l'inadéquation des normes réglementaires actuellement en vigueur dans la profession des travaux sur cordes, il le remercie de bien vouloir faire procéder à leur révision.

Transmise au ministère : Emploi



Réponse du ministère : Emploi

publiée dans le JO Sénat du 10/09/1998 - page 2909

Réponse. - La ministre de l'emploi et de la solidarité comprend les préoccupations de l'Union nationale des professionnels de travaux sur cordes, évoquées par l'honorable parlementaire. Toutefois, elle rappelle que les techniques relatives aux travaux sur cordes utilisées dans le bâtiment et les travaux publics ne sont pas véritablement nouvelles. Celles-ci ont été utilisées dans ces secteurs, dès avant la parution du décret du 8 janvier 1965, qui permet de les mettre en uvre dans certaines conditions. En effet, le décret du 8 janvier 1965, notamment ses articles 5 et 140, sans évoquer explicitement les travaux sur cordes, dispose qu'il est possible de recourir à la protection individuelle pour les travaux de très courte durée (moins d'une journée) et les tolère, sans limitation de durée, pour les travaux de faible importance. Ce texte permet de tenir compte de l'ensemble de ces interventions, dès lors qu'il est démontré qu'il est techniquement impossible de mettre en uvre une protection collective dans des conditions satisfaisantes de sécurité. Mes services sont prêts à examiner avec les professionnels les situations qui s'inscrivent dans ce cadre. Compte tenu des méthodes de travail utilisées, il n'apparaît pas possible en revanche d'organiser, dans le code du travail, un accès protégé à cette profession, sans entrer dans une logique de contrainte qui risque d'être difficilement supportable par les intervenants eux-mêmes. En outre, une telle démarche s'opposerait au principe de la primauté du recours aux moyens de protection collective, réaffirmé par les directives européennes en matière de sécurité et de protection de la santé. De surcroît, alors que les pouvoirs publics ont renforcé, par le vote de la loi nº 93-1418 du 31 décembre 1993, l'intégration de la sécurité dans les ouvrages, en veillant à prévoir les conditions de leur entretien futur, toute modification réglementaire en cette matière doit être analysée dans le sens d'un réel progrès apporté à la prévention et aux conditions de travail.