Question de M. MOULY Georges (Corrèze - RDSE) publiée le 23/07/1998

M. Georges Mouly attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de la pêche sur la situation des producteurs de veau sous la mère que les négociations de réaménagement de la politique agricole commune, en matière de compensation de revenus, semblent à ce jour ignorer. Il lui demande en conséquence de bien vouloir lui préciser l'état des réflexions relatives à cette production concernant 20 000 familles d'éleveurs dans le grand Sud-Ouest, légitimement inquiètes sur leur avenir, à l'heure où la baisse des prix de la viande bovine se profile à l'horizon 2000.

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Réponse du ministère : Agriculture publiée le 20/08/1998

Réponse. - Le veau élevé sous la mère occupe une place déterminante au sein de la filière du veau de boucherie et il importe de préserver cette production de type traditionnel, fondée sur l'exploitation d'un cheptel allaitant et sur une alimentation naturelle. Située pour l'essentiel dans des régions économiquement fragiles, elle participe également au maintien d'une activité et à l'aménagement du territoire. En outre, les efforts déployés par les acteurs professionnels dans leur démarche, privilégiant la qualité et la communication, confortent l'image positive dont bénéficie la viande de veau élevé sous la mère et concourent de façon certaine au développement durable de la production. A cet égard, le débat communautaire qui s'est engagé depuis quelques mois sur les perspectives du marché de la viande bovine, dans le cadre de la réforme de la politique agricole commune, ne doit en aucun cas remettre en cause l'avenir du secteur vitellier et a fortiori de la viande issue de veaux élevés sous la mère ; celle-ci constituant un segment très valorisé, à en juger la part croissante de labellisation du produit. Les négociations européennes en cours ne peuvent pas éluder la production vitellière qui, en sa fonction régulatrice, contribue notablement à la maîtrise de la production de viande rouge. Pour autant, en raison des spécificités de la production française et des intérêts divergents de ses principaux concurrents communautaires, il convient de rester très vigilant sur l'évolution de ce dossier et d'analyser les conséquences que pourrait entraîner toute proposition ayant un impact, direct ou non, sur la production vitellière. Il importe aussi qu'une telle analyse distingue les systèmes de production sensiblement différents, que sont le veau élevé sous la mère et la production de veaux dits de boucherie. Depuis le début des négociations, les pouvoirs publics français se sont attachés à rappeler aux instances européennes le rôle majeur que joue l'elevage bovin, en particulier allaitant, dans l'équilibre et la vitalité de nos zones rurales les plus fragiles. A cet égard, le veau sous la mère est l'un des exemples illustrant cette mission essentielle que remplissent les modes d'élevage traditionnels.

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