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Taxe sur la valeur ajoutée applicable dans le secteur de la restauration

11e législature

Question écrite n° 09864 de M. Michel Rufin (Meuse - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 23/07/1998 - page 2350

M. Michel Rufin appelle l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie sur le problème de la distorsion du taux de taxe sur la valeur ajoutée applicable à la restauration. Il lui rappelle que, dans notre pays, ce secteur est soumis à deux taux, l'un de 5,5 % pour les ventes à emporter, l'autre de 20,6 % pour la restauration sur place. Sans méconnaître les impératifs liés à la directive 92/77 du 19 octobre 1992 relative au rapprochement des taux de taxe sur la valeur ajoutée, mais, alors même que le projet de loi de finances pour 1999 est en préparation, il lui demande dans quelle mesure cette inégalité de traitement qui existe au détriment de la restauration traditionnelle et qui pénalise l'emploi dans ce secteur d'activités pourrait être corrigée par une harmonisation des régimes de taxe sur la valeur ajoutée appliqués aux différents types de prestations de restauration.



Réponse du ministère : Économie

publiée dans le JO Sénat du 22/10/1998 - page 3344

Réponse. - La législation actuelle en matière de TVA ne permet pas d'appliquer un taux réduit de TVA aux biens et services, autres que ceux visés à l'annexe H de la sixième directive TVA, qui n'en bénéficiaient pas au 1er janvier 1991. La commission a d'ailleurs récemment confirmé officiellement à la France qu'elle ne pouvait pas appliquer un taux réduit de TVA au secteur de la restauration. Par ailleurs, les dispositions de l'article 27 de la sixième directive qui permettent aux Etats membres d'introduire, sur autorisation du Conseil, des mesures dérogatoires afin de simplifier la perception de la taxe ou d'éviter certaines fraudes ou évasions fiscales ne peuvent pas être utilement invoquées. En effet, l'application du taux réduit ne constitue pas une mesure de simplification fiscale et il n'existe pas dans le secteur de la restauration de risques de fraude ou d'évasion fiscales particuliers liés à l'application du taux normal. Il est également précisé que la communication de la Commission au Conseil relative à l'application expérimentale et optionnelle d'un taux réduit de la taxe sur la taxe sur la valeur ajoutée aux services à forte intensité de main-d' uvre ne mentionne pas la restauration. Il convient à cet égard de souligner que la baisse du taux de la taxe sur la valeur ajoutée sur la restauration n'apparaît pas, contrairement aux mesures d'allégement direct du coût du travail, de nature à contribuer efficacement à la lutte contre le chômage. En outre, une baisse du taux de la taxe sur la valeur ajoutée dans ce secteur ne revêtirait pas un caractère redistributif. En effet, même si la baisse du taux de la taxe était répercutée sur le consommateur, cette mesure bénéficierait à des catégories de population plutôt favorisées, ainsi qu'à des non-résidents effectuant de courts séjours en France.