Allez au contenu, Allez à la navigation

Lutte contre l'illettrisme

11e législature

Question écrite n° 16460 de M. Henri de Raincourt (Yonne - RI)

publiée dans le JO Sénat du 20/05/1999 - page 1649

M. Henri de Raincourt attire l'attention de Mme le ministre délégué chargé de l'enseignement scolaire sur l'illettrisme en France. Le secrétaire d'Etat à la défense a en effet indiqué, le 6 mai 1999, que près d'un jeune sur dix ne comprenait pas l'ensemble d'un texte élémentaire proposé lors d'un test de détection de l'illettrisme pendant la journée d'appel de préparation à la défense (APD). Il lui demande donc quelles mesures le Gouvernement envisage de prendre pour lutter contre ce fléau.

Transmise au ministère : Éducation



Réponse du ministère : Éducation

publiée dans le JO Sénat du 08/02/2001 - page 502

Réponse. - Lors de sa conférence de presse sur l'école le 20 juin 1999 comme lors de ses rencontres avec les inspecteurs de l'éducation nationale au cours des mois d'octobre et de novembre derniers, le ministre a réaffirmé la priorité absolue de la maîtrise de la langue - orale et écrite - à l'école, et sa volonté de tout faire pour " gagner la bataille de la lecture et de l'écriture ". Son programme d'actions engage tous les cycles de l'école primaire : l'école maternelle où la priorité est donnée à l'expression orale, préalable à l'apprentissage de la lecture et de l'écriture ; l'école élémentaire où cet apprentissage de la lecture et de l'écriture, central au cycle 2, devra être poursuivi tout au long du cycle 3 par une pratique quotidienne d'exercices courts de lecture (silencieuse et à voix haute) et d'écriture dans tous les champs disciplinaires. De nouveaux programmes pour l'école sont en cours d'élaboration par un groupe d'experts sous la conduite du recteur Joutard. A la rentrée scolaire 2000, un outil de formation composé d'une cassette vidéo et d'un livret d'accompagnement élaboré à la direction de l'enseignement scolaire, " Paroles, langage et apprentissages à l'école maternelle ", a été diffusé à toutes les équipes de circonscription et dans tous les IUFM. Pour renforcer la prévention des difficultés, dès 2001 des outils seront donnés aux maîtres de grande section d'école maternelle et de cours préparatoire pour qu'ils puissent effectuer un bilan des acquis et besoins de leurs élèves dans les domaines sensibles pour la réussite ultérieure des apprentissages. Il faut aussi que l'école fasse naître le désir d'apprendre à lire : aussi dès la rentrée à l'école tous les enfants doivent être mis en contact avec le monde des livres, d'abord sources de connaissances et de plaisir par la médiation de l'adulte, avant que la conquête de la lecture au cycle 2 n'ouvre à chacun le pouvoir de découvrir directement les ressources et les joies qu'ils procurent. Pour favoriser cette rencontre des enfants avec les livres, au cours des années 2000 et 2001, une dotation de 50 000 ouvrages permettra d'enrichir les bibliothèques, centres de documentation de livres de littérature de jeunesse, de littérature classique, d'albums, d'ouvrages documentaires adaptés aux compétences et aux goûts des jeunes lecteurs. Au collège, plusieurs mesures ont été prises pour améliorer l'apprentissage scolaire de l'expression orale et écrite. Les élèves signalés en très grande difficulté au CM 2 peuvent suivre dès le début de l'année de 6e jusqu'à six heures de remise à niveau par semaine, dans des groupes à effectifs très restreints, pour acquérir ou consolider les apprentissages fondamentaux à l'oral et à l'écrit (lecture / écriture). Dans toutes les disciplines, l'attention des enseignants est attirée sur la nécessité de développer les compétences orales des élèves, condition d'une meilleure appropriation des connaissances. Par ailleurs, pour développer les compétences des élèves dans le domaine de la lecture, un atelier lecture pour tous a été mis en place en 6e et en 5e : deux demi-heures de lecture par semaine sont désormais consacrées à la lecture tout au long de l'année scolaire. Cette mesure implique l'ensemble des enseignants, toutes disciplines confondues, ainsi que les documentalistes, associés à cette démarche : chacun doit consacrer, à tour de rôle, dans le cadre de l'enseignement de sa discipline, six séances d'une demi-heure à la lecture. Ces différentes mesures visent à faire acquérir à tous les élèves confiés à l'école une maîtrise satisfaisante de la langue orale et écrite et aussi à éradiquer l'illettrisme des jeunes dans notre pays.