Question de Mme HEINIS Anne (Manche - RI) publiée le 12/10/2000

Mme Anne Heinis attire l'attention de M. le Premier ministre sur le caractère restrictif du décret nº 2 000-857 du 13 juillet 2000. Si elle se félicite de la mesure prise en faveur des enfants des déportés " victimes des lois raciales antisémites " elle regrette que celle-ci n'ait pas été appliquée comme annoncée par le secrétaire d'Etat aux anciens combattants lors du congrès national de l'UNADIF, aux orphelins de tous les déportés et fusillés. Elle dénonce la discrimination ainsi instaurée pour des êtres humains victimes des mêmes souffrances, qui ont uni leur sort dans la mort. Elle s'oppose à l'iniquité qui en résulte. Elle lui demande donc d'étendre le bénéfice de ces indemnisations aux orphelins des autres victimes fusillés ou déportés quelles que soient leur origine, leur race ou leur religion.

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Réponse du ministère : Premier ministre publiée le 26/10/2000

Réponse. - L'honorable parlementaire attire l'attention de monsieur le Premier ministre sur les mesures de réparation pour les orphelins dont les parents sont décédés pendant la Seconde Guerre mondiale. Une commission, présidée par M. Jean Mattéoli, a été mise sur pied au début de l'année 1997 pour examiner l'ampleur des spoliations dont les Juifs ont été victimes en France pendant cette période et de faire toutes propositions utiles pour que soit réparé ce qui ne l'avait pas encore été. Dans son second rapport d'étape, la mission Mattéoli a attiré l'attention du Gouvernement sur la situation des enfants orphelins de déportés juifs partis de France, dont certains, parce qu'ils étaient enfants de parents étrangers, n'avaient pas perçu après guerre d'indemnisation. Elle exprimait donc le v u que " la situation des enfants de déportés juifs de France assassinés soit prise en compte, quels que soient leur nationalité et leur lieu de résidence et fasse l'objet de mesures appropriées, par exemple sous la forme d'une indemnité viagère pour ceux d'entre eux qui ne bénéficieraient pas déjà d'une indemnisation répondant au même objet ". Afin de faire le point sur les questions relatives à l'indemnisation des orphelins, une mission interministérielle a été constituée sous l'égide du secrétariat d'Etat aux anciens combattants et a remis un rapport à la fin du mois de novembre 1999. Sur la base de l'ensemble de ces éléments, il est apparu au Gouvernement que, dans le cadre du processus de réparation lié au travail de la commission Mattéoli et après la reconnaissance, par le Président de la République dans un discours prononcé en juillet 1995, de la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs partis de France, la situation spécifique de la déportation d'hommes et de femmes à des fins d'extermination appelait une réponse particulière qui a donné lieu à la publication, le 13 juillet 2000, d'un décret instituant une mesure de réparation pour les orphelins dont les parents ont été victimes de persécution antisémites. Conscient de la souffrance qui fut celle de tous les orphelins de déportés, le Gouvernement mènera une réflexion globale sur les conditions dans lesquelles l'Etat les a indemnisés.

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