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Lutte contre l'illettrisme

11e législature

Question écrite n° 31144 de M. Roger Karoutchi (Hauts-de-Seine - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 15/02/2001 - page 552

M. Roger Karoutchi appelle l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur la proportion inquiétante de jeunes Français frappés d'illettrisme. Il observe que le bilan dressé à l'issue des Journées d'appel et de préparation à la défense évalue à plus de 70 000 le nombre de jeunes ne maîtrisant pas les fondamentaux que sont l'écriture, la lecture et les opérations mathématiques de base. Ces citoyens se retrouvent de facto mis à l'écart de notre société faute de pouvoir communiquer, se défendre ou encore postuler à un emploi. Il constate par ailleurs qu'une fois la détection opérée à l'occasion des Journées d'appel et de préparation à la défense, les jeunes souffrant d'illettrisme ne font l'objet d'aucune mesure particulière et ne serve finalement qu'à alimenter la statistique. Seules des associations spécialisées luttent aujourd'hui contre ces anomalies de notre système éducatif en assurant des formations pédagogiques personnalisées et en facilitant la construction d'un véritable projet professionnel pour ces jeunes. Par conséquent, il lui demande de lui préciser quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour lutter sérieusement contre l'illettrisme et dégager l'horizon de ces jeunes Français qui, dès leur plus jeune âge, se retrouvent à l'écart de notre société.



Réponse du ministère : Éducation

publiée dans le JO Sénat du 17/05/2001 - page 1682

Réponse. - Depuis le début de l'année 2000, chaque département est destinataire d'un état statistique des jeunes scolarisés et repérés en grande difficulté de lecture lors des journées d'appel de préparation à la défense (JAPD). Un million trois cent mille jeunes se sont présentés à une des journées hebdomadaires d'accueil organisées les mercredi et samedi. Parmi eux, cinquante-deux mille ont été repérés comme étant en grande difficulté. Toutefois deux tiers des jeunes refusent de donner leur accord pour être mis en contact avec le réseau d'accueil ou l'inspection académique ; en revanche, sur les dix-huit mille jeunes qui ont donné suite à une convocation, environ 55 % sont scolarisés auprès de l'inspection académique et 45 % non scolarisés ont été orientés vers les missions locales et les permanences d'accueil d'information et d'orientation (PAIO). Pour obtenir des informations qualitatives sur l'accompagnement des jeunes signalés, un courrier a été envoyé par le ministre à tous les inspecteurs d'académie, directeurs des services départementaux de l'éducation nationale dans le but : de préciser la structure de scolarisation des jeunes qui ont été signalés par la défense lors des JAPD et leur situation scolaire ; de connaître les services, les personnes-ressources qui sont chargées du suivi des jeunes ; de définir les modalités, les actions mises en place par les établissements scolaires. Une synthèse de cette enquête est en cours de réalisation et une diffusion est prévue pour la fin du premier semestre 2001.