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Lutte contre la violence en milieu scolaire : instauration d'un " parrainage entre pairs "

11e législature

Question écrite n° 31998 de M. Emmanuel Hamel (Rhône - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 15/03/2001 - page 895

M. Emmanuel Hamel attire l'attention de M. le ministre délégué à la ville sur l'article paru à la page 13 du quotidien Le Figaro du 10 novembre 2000 dans lequel il est indiqué qu'un rapport de cinq chercheurs de l'INSERM consacré aux violences provoquées ou subies par des adolescents, rendu public le 9 novembre 2000, analysé à la page 13 du quotidien Le Monde du 10 novembre 2000, suggère l'instauration dans les établissements scolaires d'un " parrainage entre pairs " : " Cela consiste à mettre en place des lieux d'écoute sous la responsabilité de pairs volontaires pour aider les camarades impliqués dans des problèmes relationnels ou violents. " Développés en Grande-Bretagne ou en Allemagne, ces projets " ont été bénéfiques aux victimes mais aussi à l'ensemble de la communauté scolaire ". Il aimerait savoir si des mesures allant en ce sens vont être prochainement prises dans les établissements scolaires en France.



Réponse du ministère : Ville

publiée dans le JO Sénat du 10/01/2002 - page 102

Initiée par la direction de l'enseignement scolaire et la mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie, une action de préventyion par les pairs, intitulée " Elèves, acteurs de prévention en lycée ", a été conduite avec 14 lycées dans 5 académies. Des élèves volontaires, identifiables par leurs camarades et encadrés par des adultes, ont participé à part entière à l'ensemble du projet de prévention de leur établissement. Ils ont animé des actions impliquant des élèves dans le cadre d'un théâtre-forum, de cafés " branchés ", de lieux de discussion et de clubs Unesco. Par ailleurs, différents dispositifs, comme le programme " nouvelles chances " ou les " classes relais " ou, en dehors de l'école, le programme TRACE, ont permis de réduire de moitié le nombre d'élèves quittant le système éducatif sans qualfication ou d'ouvrir de nouveaux parcours individualisés d'insertion sociale et professionnelle. Cependant, près de 60 000 jeunes, soit 8 % d'une classe d'âge, sortent encore chaque année du système scolaire sans la formation leur permettant de s'insérer facilement dans notre société. Or l'égalité des chances nécessite que tout soit mis en oeuvre pour prévenir les ruptures et organiser une continuité éducative pour ces jeunes. C'est dans cette perspective que, le 30 janvier 2001 lors de la remise du rapport de Marie Choquet " Souffrances et violences à l'adolescence ", le ministre délégué à la ville a exprimé sa volonté de répondre de façon concrète et efficace à l'exclusion des jeunes. Il a demandé à Mme Claude Brévan, déléguée interministérielle à la ville, M. Jean-Pierre Blazy, député du Val-d'Oise et maire de Gonesse, et M. Pierre Cohen, député de Haute-Garonneet maire de Ramonville, de préparer un programme d'action pour la mise en place d'une veille éducative prioritairement sur les territoires de la politique de la ville, même si la question intéresse l'ensemble du territoire national. Placée sous l'autorité du maire qui en est le garant, la cellule de veille éducative a notamment pour mission de développer le parrainage des jeunes en difficulté par des adultes de la ville, qu'ils soient professionnels, bénévoles ou encore recrutés dans le cadre du programme " adultes relais ", et de renforcer les actions de soutien de parentalité. Ce programme a été présenté le 27 novembre 2001 et propose d'installer des cellules de veille éducative dans les mois à venir. 50 MF seront réservés sur le fonds interministériel pour la ville en 2002 pour aider, en complément du droit commun, à la mise en place et au soutien de cellulesde veille éducative. Même si on doit en priorité s'appuyer sur les structures ou dispositifs existants qui participent aux actions de lutte contre les exclusions, ces moyens supplémentaires seront mobilisés pour l'animation de la démarche en aidant au financement d'un poste de coordonnateur ou d'une assistance technique, la réalisation d'outils d'information et le développement de programmes de formation. Une circulaire de mise en oeuvre de la veille éducative sera adressée prochainement aux préfets et aux recteurs.