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Bilan du programme ville-vie-vacances - solidarité internationale

11e législature

Question écrite n° 35472 de M. Emmanuel Hamel (Rhône - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 04/10/2001 - page 3155

M. Emmanuel Hamel attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur la mise en place du dispositif ville-vie-vacances - solidarité internationale, qui permet à des jeunes de dix-sept à vingt-cinq ans de participer à des chantiers dans les pays en voie de développement. Il lui demande quel a été le nombre de jeunes ayant participé à ce programme, quel a été le bilan des actions menées dans le cadre de ce dispositif et quelles conclusions en ont été tirées.



Réponse du ministère : Affaires étrangères

publiée dans le JO Sénat du 15/11/2001 - page 3626

Le dispositif ville-vie-vacances-solidarité internationale existe depuis 1991. Il a été mis en place par le ministère des affaires étrangères dans le cadre du dispositif national ville-vie-vacances. Doté aujourd'hui d'une enveloppe annuelle de 2,8 MF (chap. 42-13, art. 10), il permet à environ 750 jeunes issus des quartiers sensibles en France de participer à des actions de solidarité internationale dans les pays de la zone de solidarité prioritaire (ZSP). En 2000, 765 jeunes issus de vingt départements français et répartis en quarante-neuf groupes sont ainsi partis dans onze pays de la ZSP. Les actions menées dans ces pays sont essentiellement des chantiers de construction ou de réhabilitation de salles de classe, dispensaires, foyers ou bibliothèques, de chantiers de reforestation ou liés à la protection de l'environnement, ainsi que des actions d'animation auprès d'enfants. Les groupes sont toujours encadrés de professionnels français (éducateurs, animateurs, formateurs) à raison de une personne pour six à huit jeunes et sont accueillis par les partenaires associatifs dans le pays d'accueil. Les partenaires locaux sont un maillon essentiel dans l'élaboration, la mise en oeuvre et le suivi de l'action. Ils doivent être impliqués très en amont du projet afin de lui donner pertinence et pérennité. Le chantier doit répondre à un besoin clairement identifié par les bénéficiaires, qui doivent être impliqués également aux côtés des jeunes Français. Le plus souvent des jeunes du pays d'accueil participent, d'ailleurs, aux travaux à leurs côtés. Les groupes séjournent environ trois à quatre semaines sur place, essentiellement durant la période d'été. Le Sénégal, le Burkina Faso, le Bénin, le Mali, la Mauritanie sont les pays qui accueillent le plus de groupes depuis 1991. En 2001, le ministère des affaires étrangères a lancé une évaluation du programme, qui donnera lieu à un rapport d'ici à la fin 2001. La précédente évaluation datait de 1995. Cependant, il est clair que ces actions sont pertinentes et riches d'enseignement. Elles sont également ambitieuses car elles se trouvent à la croisée entre des logiques de réinsertion sociale et/ou professionnelle de jeunes en difficulté et des logiques de solidarité internationale et de développement local. Le ministère des affaires étrangères veille au nécessaire équilibre entre ces deux ambitions. L'instruction des demandes de subvention se veut exigeante tant sur la qualité de la préparation des jeunes avant le départ (les jeunes doivent être acteurs du projet) que sur la qualité du projet sur place (implication des partenaires locaux et des futurs bénéficiaires du projet, qualité de la réalisation, mise en place d'un suivi de l'action) et sur celle de la restitution au retour du groupe, le voyage servant de support à des actions d'éducation au développement et de valorisation des jeunes dans leur parcours de réinsertion. Les associations attestent que ces expériences sont un formidable support de réinsertion sociale (comme le signalait déjà le rapport de la délégation interministérielle à la ville et du ministère de la justice de 1995 sur l'" impact des chantiers humanitaires sur les publics en difficulté "). Cette appréciation est confirmée par les témoignages des jeunes participants. Ces actions nécessitent professionnalisme et rigueur. Le ministère des affaires étrangères, aidé par un comité paritaire consultatif composé de seize membres désignés par les pouvoirs publics et des associations de solidarité internationale, veille chaque année à améliorer la qualité des dossiers et de leur instruction, la rigueur des critères d'éligibilité ainsi que la richesse de l'information sur ce dispositif (deux sessions de formation organisées par le MAE en 1998 et 2000) ont réuni plus d'une centaine d'associations.