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Amélioration de l'information sur les études scientifiques à l'université : mise en place d'un tutorat d'information

11e législature

Question écrite n° 35812 de M. Emmanuel Hamel (Rhône - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 18/10/2001 - page 3300

M. Emmanuel Hamel attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur le " Rapport national sur la désaffection des études de sciences " de l'Association fédérative nationale des étudiants universitaires scientifiques de juin 2001 et dans lequel ses auteurs suggèrent, à la page 15, de former et d'indemniser des étudiants qui " se déplaceraient dans les lycées pour informer les lycéens sur les filières scientifiques à l'université ". Il souhaiterait connaître son point de vue à l'encontre de cette suggestion et savoir si des mesures allant en ce sens sont actuellement envisagées par le Gouvernement.



Réponse du ministère : Éducation

publiée dans le JO Sénat du 27/12/2001 - page 4101

La baisse d'effectifs dans certaines filières scientifiques est un phénomène complexe pouvant être approché en examinant à la fois les évolutions du vivier des candidats concernés et celles des formations concurrentes, mais également en prenant en compte l'hétérogénéité des publics s'inscrivant dans ces filières. La diminution des flux d'entrée en sciences provient, d'une part, de la baisse du nombre de bacheliers scientifiques et, d'autre part, de leur moindre propension à s'orienter vers l'université. En effet, l'orientation des bacheliers scientifiques ne se fait plus en priorité vers les diplômes d'études universitaires générales (DEUG) scientifiques. Les classes préparatoires (CPGE), les filières courtes (sections de techniciens supérieurs, institut universitaire de technologie), les écoles d'ingénieurs et même quelques filières longues, telles que la médecine ou le droit, sont privilégiées par ces bacheliers dans leur choix d'orientation. Plusieurs étapes : face à la baisse du flux des entrants et aux taux d'échec élevés dans les filières scientifiques, le ministère de l'éducation nationale a initié à titre expérimental dans six universités, Bordeaux-I, Grenoble-I, Lille-I, Littoral, Montpellier-II et Paris-XI, la rénovation de leurs DEUG scientifiques. Les méthodes pédagogiques ont été améliorées grâce à une prise en compte de l'hétérogénéité des étudiants, grâce aussi au recours à de nouvelles pratiques pédagogiques intégrant davantage les technologies de l'information et de la communication. Les résultats de ces expérimentations sont positifs : le taux de réussite aux mentions rénovées du DEUG sciences et technologies de Bordeaux-I et le taux de réussite au DEUG mention sciences de la matière de Grenoble-I et Lille-I se sont accrus de 15 à 20 %. Aujourd'hui, toutes les universités offrant des formations en sciences se sentent concernées et ont entrepris des innovations ou rénovations de plus ou moins grande ampleur. En 2000 : les campagnes d'habilitation 1999, 2000 et 2001 ont permis d'examiner les maquettes des DEUG scientifiques élaborées par les universités en phase contractuelle. L'expertise de ces maquettes a permis de constater que l'organisation des formations présentées a été le plus souvent rénovée dans une optique d'amélioration des méthodes d'enseignement et des pratiques pédagogiques et de diversification des moyens d'enseignement, prenant en compte l'hétérogénéité des étudiants. L'accent est porté sur le travail en " petit groupe " et sur le recours aux technologies multimédia. Le mouvement de rénovation des DEUG scientifiques engagé depuis deux ans a été amplifié, notamment dans le cadre de la politique contractuelle. De même, la mise en place dans chaque académie d'un schéma des formations post-baccalauréat doit contribuer à améliorer nettement l'orientation des étudiants dans les différentes formations qui leur sont offertes. Dans le cadre de la mise en oeuvre des schémas, le ministère de l'éducation nationale a fait du développement des DEUG scientifiques une priorité nationale que les académies doivent impérativement intégrer dans les axes de leurs schémas respectifs. En 2001, le ministère de l'éducation nationale a constitué plusieurs groupes de travail sur le sujet. Un groupe technique au sein de la direction de l'enseignement supérieur a élaboré des propositions pour rendre le DEUG du secteur sciences et technologies plus attractif et plus performant. Plusieurs pistes de réflexion sont explorées ; l'information et l'orientation comme éléments positifs dans l'image de l'université face aux futurs bacheliers ; l'amélioration de la liaison enseignement secondaire - enseignement supérieur ; la rénovation pédagogique des DEUG scientifiques et des aides concrètes à apporter aux universités dans leur démarche d'innovation dans le cadre de la politique contractuelle. Un bilan a été dressé des différentes expériences et innovations pédagogiques entreprises par les universités pour rendre plus attractives leurs formations scientifiques. Les thèmes qui peuvent être dégagés des réponses des universités et qui sont des pistes de réflexion à explorer et à concrétiser sont : la liaison enseignement secondaire - supérieur comme facteur de meilleure intégration à l'université en première année ; l'accentuation du soutien pédagogique sous plusieurs formes (tutorat, soutien disciplinaire, désignation d'un enseignant ressource, existence d'un directeur d'études) ; les innovations pédagogiques en présentiel (cours TD-TP intégré, petit groupe) ; l'optimisation de l'utilisation des techniques d'information et de communication. Enfin, deux enquêtes au niveau national ont été menées et publiées sur, d'une part, " les attitudes des Français à l'égard de la science " et d'autre part, sur " les jeunes et les carrières scientifiques ". Pour l'année 2001-2002, par ailleurs, à la demande du ministre, deux manifestations publiques se dérouleront faisant le point de travaux et réflexion menés sur ce sujet. D'une part, l'agence de modernisation des universités et des établissements va organiser, au début du mois de décembre 2001, un séminaire sur le thème de la rénovation du DEUG sciences et technologies qui rendra compte des diverses réussites dans les universités et pourra inspirer d'autres initiatives. D'autre part, l'université Lille-I et Maurice Porchet, chargé d'une mission de synthèse des actions par le ministre, en collaboration avec différentes directions du ministère (DES, DPD, DESCO, etc.) préparent un colloque, qui se tiendra à la fin du mois de février 2002, permettant d'examiner les raisons qui limitent l'attrait pour les jeunes des études scientifiques universitaires longues, le problème dépassant le niveau du DEUG et concernant aussi l'enseignement des sciences au collège et au lycée.