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Lutte contre le SIDA : suivi par les malades des traitements antirétroviraux

11e législature

Question écrite n° 36550 de M. Emmanuel Hamel (Rhône - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 15/11/2001 - page 3617

M. Emmanuel Hamel attire l'attention de M. le ministre délégué à la santé sur l'information parue à la page 15 du quotidien Le Figaro du 10 octobre 2001 selon laquelle, d'après une enquête réalisée aux Pays-Bas par le centre académique médical d'Amsterdam, " un peu moins de la moitié des malades du sida interrogés suivent correctement leur traitement antirétroviral ". Il aimerait savoir si à ce jour une telle étude a été réalisée par la France. Quels en ont été les résultats et quelles conclusions en ont été tirées ?



Réponse du ministère : Santé

publiée dans le JO Sénat du 14/02/2002 - page 508

La difficulté d'observance des traitements antirétroviraux est un des problèmes les plus difficiles à évaluer et à résourdre dans la prise en charge des personnes vivant avec le VIH. Les succès thérapeutiques obtenus dans ce domaine depuis 1995, qui succédaient à une décade d'échecs ont transformé le Sida en une maladie chronique au traitement contraignant et continu. Les problèmes d'observance sont identiques à ceux qui sont observés dans toutes les maladies de longue durée. La mesure de l'observance est scientifiquement complexe et les résultats des travaux doivent être examinés avec toutes les précautions nécessaires. L'observance est variable dans le temps, soumise aux aléas des effets secondaires des médicaments et des difficultés psychologiques des patients. Les éléments d'appréciation de l'observance reposent sur des données subjectives provenant des patients, de leurs familles, de leurs médecins, pharmaciens et soignants. Des données plus objectives comme les dates d'ordonnances, de consultations, la vérification des piluliers et des doses restantes, les dosages sanguins des médicaments, sont utilisables. Le critère le plus fiable pour l'infection VIH est la mesure de la charge virale sanguine dont la réduction est un critère d'efficacité thérapeutique. En 1998 un groupe de travail de la direction générale de la santé consacré à l'accompagnement des patients indiquait des difficultés d'observance de l'ordre de 30 à 40 %, contrastant avec un taux d'échec faible de 6 %. Ce groupe de travail avait fait une série de propositions aux professionnels de santé dans le sens d'une meilleure prise en charge de ce problème. Les médecins et les chercheurs en sciences sociales travaillent sur l'observance. L'ANRS a réalisé une enquête nationale sur les pratiques de recherche et d'interventions sur l'observance auprès d'hôpitaux, de pharmacies hospitalières et de réseaux de soins impliqués dans la prise en charge VIH montrant que 31 % des 305 répondants participaient à des recherches sur l'observance à travers des essais thérapeutiques, des études de cohorte et des enquêtes ; 89 % évaluaient par différentes méthodes l'observance des patients ; 58 % menaient des actions destinées à l'améliorer dont 27 % en évaluaient l'effet. L'étude de l'observance à travers la cohorte APROCO gérée par l'ANRS montre que seulement 31 % des patients restent hautement observants tout au long du suivi. D'ores et déjà de nombreuses initiatives ont été prises dans le domaine de l'observance : accompagnement psychologique, choix des molécules et des modes d'administration les mieux tolérés, recherches sur des stratégies de traitement intermittent.