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Passage à l'euro

11e législature

Question écrite n° 36777 de M. Francis Grignon (Bas-Rhin - UC)

publiée dans le JO Sénat du 29/11/2001 - page 3742

M. Francis Grignon appelle l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie sur les problèmes posés par la mise en circulation de l'euro dans les entreprises artisanales et commerces de proximité. En effet, ces commerçants auront une double fonction à assumer : à la fois expliquer les règles de conversion et assurer la collecte des francs ainsi que l'introduction de l'euro. Les conséquences seront importantes pour ces entreprises : perte du chiffre d'affaires en période d'intense activité (fêtes de fin d'année) en raison de l'augmentation des temps de transaction, augmentation de la gestion des paiements par chèques et cartes bancaires en euros et des coûts de traitement y afférents, risques d'insécurité avec l'augmentation du montant des fonds de caisse. Pour pallier ces difficultés, ces entreprises commerciales et artisanales demandent l'augmentation de la garantie de paiement des chèques à 30 euros, la suppression de la commission des banques pour les paiements par carte bancaire pour la période de double circulation monétaire, l'instauration d'un crédit d'impôts pour le passage à l'euro. Il lui demande s'il entend prendre ces mesures en faveur de ces commerçants et artisans.



Réponse du ministère : Économie

publiée dans le JO Sénat du 31/01/2002 - page 301

Les artisans et les commerçants de proximité jouent un rôle important lors de l'introduction de l'euro fiduciaire, car ils sont en relation quotidienne avec les consommateurs. C'est pourquoi le Gouvernement s'est montré particulièrement attentif à leur accompagnement. L'article 19 de la loi portant mesures urgentes à caractère économique et financier prévoit, pour les petites et moyennes entreprises, la création d'un amortissement exceptionnel sur douze mois des matériels destinés exclusivement à permettre l'encaissement des espèces et les paiements par chèques et cartes bancaires en euros, ce qui correspond à la principale dépense supportée par les petits commerçants à cette occasion, ainsi que la déduction immédiate des dépenses d'adaptation des immobilisations au passage de l'euro. Ce dispositif d'amortissement exceptionnel permet d'ores et déjà de réduire de façon significative le coût supplémentaire inhérent au changement des équipements. S'agissant des commissions perçues sur les paiements de petit montant pendant la période de double circulation, le Gouvernement a toujours été favorable à une solution négociée entre les organismes bancaires ou postaux et les commerçants. Néanmoins, en l'absence de telles négociations, le Gouvernement a accueilli positivement un dispositif de plafonnement des commissions qui évitera ainsi aux commerçants d'avoir à supporter financièrement une éventuelle augmentation du volume des paiements par carte bancaire. C'est le sens des dispositions qui ont été instaurées par l'article 56 de la loi de finances rectificative pour 2001. En ce qui concerne la garantie de paiements des chèques, il n'est pas envisagé de promouvoir, à l'occasion du passage de l'euro, une réévaluation du seuil de garantie institué par la loi du 3 janvier 1975 qui irait à l'encontre de l'évolution des moyens de paiement en favorisant l'utilisation de chèques de faible montant au détriment d'instruments de paiement mieux adaptés. Par ailleurs, un relèvement du seuil pourrait avoir pour effet de réduire la vigilance des émetteurs de chèques et des commerçants, qui seraient alors moins portés à procéder aux vérifications élémentaires, fragilisant ainsi le dispositif de lutte contre l'utilisation de chèques sans provision ou de chèques volés. La réévaluation du seuil de garantie risquerait alors de se retourner contre les consommateurs et les professionnels.