Question de M. HAMEL Emmanuel (Rhône - RPR) publiée le 17/10/2002

M. Emmanuel Hamel attire l'attention de Mme la ministre de l'écologie et du développement durable sur la journée " En ville sans ma voiture " qui s'est déroulée le dimanche 22 septembre 2002. Il lui demande quelle est son opinion à l'encontre de l'organisation d'une telle opération et aimerait savoir si elle entend en favoriser le développement.

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Réponse du Ministère de l'écologie et du développement durable publiée le 06/02/2003

La ministre de l'écologie et du développement durable a pris connaissance avec intérêt de la question concernant l'opération " En ville, sans ma voiture ! ". La journée " En ville, sans ma voiture ! " se déroule depuis cinq ans, chaque année le 22 septembre. En 1998, 34 villes françaises avaient participé à l'opération. Dès l'année suivante, en 1999, la journée a commencé à prendre une tournure européenne, l'Italie et la Suisse s'y associant fortement avec quelque 160 villes dont 66 en France. En 2000, 71 villes ont été partenaires en France, et ce sont 14 pays de l'Union européenne qui ont décidé de participer dans le cadre du programme LIFE de la Commission européenne, soit plus de 700 villes ayant signé une charte européenne inspirée du modèle français et utilisant le visuel créé par la France. L'opération a commencé à déborder des frontières de l'Union européenne, puisqu'en plus de la Suisse la Slovénie, la Slovaquie, la Roumanie, la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, Malte et Chypre y ont également participé. En dehors de l'Europe, l'Islande et Israël se sont ralliés à l'opération, tandis que la Chine organisait, en octobre 2000, sa première journée sans voiture. En 2001, 62 villes et agglomérations, dont Paris et Lyon, se sont jointes à l'opération qui a continué à connaître un développement international. Mais, c'est en 2002 que le succès de cette opération a connu un retentissement sans précédent, puisqu'en France 99 villes, dont de très grandes villes comme Paris, Lyon, Toulouse, Strasbourg, Bordeaux, Rennes, ont décidé de participer, soit plus d'un tiers par rapport à l'année passée ainsi que plus de 1 300 villes en Europe et dans le reste du monde. Pour le ministère de l'écologie et du développement durable (MEDD), la journée " En ville, sans ma voiture ! " constitue une opération de sensibilisation à grande échelle, à l'heure où la pollution de l'air et les problèmes de mobilité urbaine préoccupent une majorité de citoyens, soucieux de préserver leur qualité de vie. Cette année, comme les précédentes, la journée " En ville, sans ma voiture ! " fait avant tout oeuvre de pédagogie sur les impacts économiques et les risques liés à une utilisation excessive de la voiture en ville ainsi que sur les avantages d'une ville rendue aux citadins. Cette opération représente pour les élus et les citadins une occasion de s'interroger sur les problèmes de mobilité urbaine et de tester de nouvelles solutions. La loi sur l'air obligeant désormais les agglomérations de plus de 100 000 habitants à se doter d'un plan de déplacements urbains (PDU) qui vise, entre autres, à réduire la place de la voiture dans les centres urbains, la journée " En ville, sans ma voiture ! " s'inscrit dans cette démarche de reconquête des villes et constitue un moment important de concertation, d'information et de test pour l'élaboration des PDU. Ainsi, l'opération " En ville, sans ma voiture ! ", en proposant aux citadins de se déplacer autrement ce jour-là, relève d'un triple objectif : sensibiliser les citadins aux problèmes de circulation urbaine (encombrement, pollution, sécurité...) et leur donner l'occasion de regarder leur ville autrement ; permettre aux municipalités de tester in situ de nouveaux modes de déplacements ou de livraison (bus à gaz, transports alternatifs, véhicules utilitaires plus propres...) ; favoriser l'échange d'information et d'expériences entre les villes. La journée se déroule pendant la " semaine du transport public ", action de communication visant également à promouvoir les transports collectifs urbains et non urbains. Cette année, une synergie très appréciée s'est établie entre la journée " En ville, sans ma voiture ! " et les journées du patrimoine, qui se déroulaient à la même date. Cette initiative rejoint tout à fait les préoccupations des citoyens mais également les priorités de l'Union européenne en matière de mobilité, de transports urbains et de politique durable pour la ville. La qualité de la vie, plus particulièrement au sein des grandes cités, est en effet une préoccupation commune à une majorité de citoyens européens. Selon l'eurobaromètre diffusé par la Commission européenne, 70 % des Européens se déclarent inquiets quant à la qualité de la vie et placent la pollution de l'air au premier rang de leurs préoccupations environnementales. Afin d'évaluer l'impact de la journée " En ville, sans ma voiture ! ", le MEDD et l'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) ont demandé à l'IFOP de réaliser, à l'issue de l'opération, un sondage auprès d'un échantillon représentatif dans six villes françaises partenaires : Agen, Besançon, Dunkerque, Nantes, Toulon et Tours. Les résultats de ce sondage témoignent de l'excellente perception de cette journée par les habitants des villes sélectionnées pour l'enquête. Cette opération est, en effet, bien reconnue et perçue. Son taux de notoriété se situe à un niveau très élevé (81 %). Que l'on habite Dunkerque, Dijon ou Besançon, l'enquête a enregistré des taux de satisfaction importants (de 92 à 95 %), soit les plus hauts niveaux atteints depuis le lancement de cette opération. 87 % des habitants des villes sélectionnées (contre 85 % en 2001) jugent préoccupantes les nuisances engendrées par la voiture en ville, 41 % d'entre eux les estiment très préoccupantes. 62 % des citadins reconnaissent l'efficacité de cette journée pour lutter contre ces nuisances ; ils n'étaient que 42 % en 2000 et 59 % en 2001. Parmi les avantages cités le plus souvent, s'imposent avant tout la réduction de la pollution (50 %), puis la diminution du bruit (21 %) et la sensibilisation de la population (19 %). Neuf personnes sur dix souhaitent d'ailleurs que l'on renouvelle plus souvent ce type d'opération, 53 % d'entre elles prônent la restriction une fois par semaine (38 % durant le week-end) et 9 % se disent même prêtes à voir cette mesure étendue à tous les jours de la semaine. En 2003, la journée " En ville, sans ma voiture ! " doit se dérouler un lundi. Le ministère souhaite entraîner dans cette opération plus de villes qu'en 2002, en convainquant notamment davantage de municipalités de taille moyenne à participer.

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