Question de M. VÉZINHET André (Hérault - SOC) publiée le 13/03/2003

M. André Vezinhet attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche et des affaires rurales sur la situation des centres régionaux de la propriété forestière auxquels la loi n° 2001-602 du 9 juillet 2001 a confié de nouvelles missions, particulièrement l'abaissement du seuil de rédaction des plans simples de gestion forestiers ainsi que la mise en place de nouveaux documents de gestion durable des forets privées. Il indique au ministre qu'une estimation des besoins nouveaux induits a fait ressortir la nécessité de créer 155 emplois. Il précise que son ministère s'est engagé et a prévu le financement de 89 postes d'ingénieurs, techniciens forestiers et personnels administratifs d'accompagnement par redéploiement de ses ressources financières propres. Il constate que cette volonté ministérielle se heurte aux principes posés par la direction du budget du ministère des finances qui oppose un refus d'ouverture de 89 postes supplémentaires, plaçant ainsi les CRPF dans une impasse, avec un financement acquis, des postes non ouverts et des missions dévolues par la loi mises en veille. Il lui demande s'il est dans ses intentions d'agir, rapidement, pour débloquer les postes attendus dont cinq concernent le Languedoc-Roussillon, sachant que la foret privée française souffre d'un cruel manque d'appui technique dénoncé dans les différents rapports sur la filière bois et la foret française qui se sont succédés depuis plusieurs décennies.

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Réponse du Ministère de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche et des affaires rurales publiée le 21/08/2003

Les 18 centres régionaux de la propriété forestière (CRPF) disposent aujourd'hui de 263 emplois statutaires pour assurer leurs missions auprès de 4 millions de propriétaires forestiers privés qui détiennent 10,9 millions d'hectares, soit plus de 73 % de la surface totale des forêts françaises. Ces missions tendent à l'amélioration constante de la gestion des forêts privées pour les rendre jour après jour plus conformes aux engagements internationaux de notre pays (Forum des Nations unies sur les forêts, Convention sur la diversité biologique, Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques et son protocole de Kyoto, conférences ministérielles pour la protection des forêts en Europe) et au développement économique et social de l'amont de la filière bois. Les missions des CRPF ont été confortées et élargies par la loi du 9 juillet 2001, qui a notamment prévu l'extension progressive de l'obligation de plan simple de gestion (PSG) aux propriétaires de 10 à 25 hectares et l'élaboration de nouveaux documents de gestion sylvicole, accroissant ainsi les compétences et les responsabilités des CRPF dans ces domaines. La loi consacre également l'importance de la prise en compte des questions environnementales dans la gestion des forêts privées. C'est la raison pour laquelle l'étude d'impact du projet de loi d'orientation sur la forêt faisait état d'un besoin supplémentaire de 89 agents pour un coût annuel d'un peu plus de 4 millions d'euros. Ce chiffre a été calculé en fonction d'indicateurs prenant en compte le travail d'instruction des PSG et l'introduction de nouveaux outils de gestion des propriétés forestières, tels que règlements types de gestion et codes de bonnes pratiques sylvicoles. Mais il est clair que la satisfaction de ces besoins nouveaux a pour conséquence des créations de postes et une charge pérenne supplémentaire pour le budget de l'Etat, qui sont contraires aux orientations actuelles du Gouvernement. Aussi est désormais étudiée la possibilité d'étaler les recrutements en cause sur plusieurs exercices, une première tranche pouvant être mise en oeuvre à la charnière des exercices 2003-2004.

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