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Difficultés de la bijouterie française

12 ème législature

Question écrite n° 15542 de M. Roger Karoutchi (Hauts-de-Seine - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 20/01/2005 - page 146

M. Roger Karoutchi interroge M. le ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat, des professions libérales et de la consommation sur les difficultés de la bijouterie française. L'Union française de la bijouterie, joaillerie, orfèvrerie, des pierres et des perles (BJOP), principale fédération de fabricants, se fait l'écho du désarroi des PME qui souffrent d'une perte de rentabilité et de confiance dans leur valeur et leur possibilité de maintien et de développement. Si l'on recense actuellement 7 500 magasins traditionnels, en vingt ans, les détaillants ont perdu deux tiers des leurs du fait de l'explosion du cours de l'or et de l'avènement des grandes surfaces. De plus, avec une activité en recul de 15 % ces deux dernières années, les sociétés françaises continuent à céder du terrain aux importations, qui ont doublé en dix ans, issues de la Turquie et du Sud-Est asiatique ayant pris le relais de l'Italie et de l'île Maurice. Métier au capital historique et culturel incomparable, la joaillerie française a toujours été et doit rester le symbole du luxe. La question qui se pose en l'espèce est donc de savoir s'il compte mettre en place un plan national d'action afin de revaloriser les filières de formation et améliorer l'image de la profession.



Réponse du Ministère des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat, des professions libérales et de la consommation

publiée dans le JO Sénat du 17/03/2005 - page 777

Les difficultés rencontrées par les fabricants du secteur de la bijouterie, joaillerie, orfèvrerie, des pierres et des perles (BJOP) font l'objet d'un suivi attentif du ministère des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat, des professions libérales et de la consommation et du ministère en charge de l'industrie. C'est pourquoi, lors de la remise en cause de la taxe parafiscale dont bénéficiait ce secteur, dans un contexte économique contraint, l'ensemble de la profession s'est mobilisée, soutenue par ses ministres de tutelle et par un groupe parlementaire. Le bien-fondé de cette taxe a été reconnu et elle est devenue taxe affectée, inscrite dans la loi de finances. Les fabricants du secteur, conscients des évolutions au cours des dernières années telles que l'accroissement de la concurrence internationale et la mutation de la demande, mais aussi de son rôle économique aussi bien pour l'industrie du luxe que pour celle des biens de consommation, ont réagi pour maintenir son image d'excellence et son savoir-faire. Un plan pour l'avenir a été élaboré en partenariat avec les pouvoirs publics. Il s'agit de développer des structures de formation dans dix établissements d'enseignement professionnels, de maintenir le centre technique de l'horlogerie, bijouterie, joaillerie, orfèvrerie (CETEHOR), structure collective de recherche et développement financée par la taxe affectée, et de renforcer une structure de promotion du secteur tant en France qu'à l'international, à travers le comité professionnel de développement de l'horlogerie, de la bijouterie, de la joaillerie et de l'orfèvrerie (CPDHBJO). Ce comité finance également les campagnes de promotion pour adapter l'image de la profession aux besoins des consommateurs pour différents événements. Cet environnement dynamique a permis à ce secteur de se porter candidat à l'appel à projet « pôles de compétitivité » annoncé par le comité interministériel d'aménagement du territoire (CIAT) en novembre 2004, en faisant valoir ses principaux facteurs de compétitivité actuels (savoir-faire, qualité, innovation et créativité). Cette démarche montre sa volonté, sa confiance retrouvée pour l'avenir et les possibilités envisagées de son déploiement à l'international.