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Allumage des feux de croisement de jour

12 ème législature

Question écrite n° 15873 de M. Bernard Murat (Corrèze - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 03/02/2005 - page 260

M. Bernard Murat souhaite attirer l'attention de M. le ministre de l'équipement, des transports, de l'aménagement du territoire, du tourisme et de la mer sur les conséquences, pour les motocyclistes, de la recommandation faite aux automobilistes d'allumer leurs feux de croisement de jour. En effet, le Gouvernement a décidé d'engager, le 30 octobre dernier, une campagne nationale afin recommander à tous les usagers d'allumer leurs feux de croisement quand ils circulent de jour, hors agglomération. La perspective de mise en place de cette mesure inquiète les motocyclistes qui souhaitent, avant toute prise de décision, que soit mise en place une expérimentation, suivie d'une évaluation précise, et ce afin de préciser l'opportunité de poursuivre ou d'abandonner cette mesure. Il lui demande donc de lui préciser ses intentions en la matière.

Transmise au Ministère des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer



Réponse du Ministère des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer

publiée dans le JO Sénat du 25/08/2005 - page 2204

L'utilisation des feux de croisement le jour hors agglomération conduite à titre expérimental depuis le 31 octobre 2004 permettrait, selon différentes études, d'épargner entre 5 % et 8 % des tués et entre 3 % et 13 % des blessés graves. Cette mesure paraît favorable aux usagers des deux-roues puisqu'elle leur permet d'être vus par les automobilistes et de prévenir ainsi les trop nombreuses collisions dont ils sont les premières victimes. Cette recommandation faite aux usagers a été suivie de manière significative. Toutefois, des différences ont pu être observées dans la pratique, en fonction des conditions climatiques. Une évaluation est en cours pour déterminer les conséquences de cette mesure sur l'accidentalité enregistrée durant la période concernée (entre le 31 octobre 2004 et le 27 mars 2005) et ses résultats seront connus dans le courant de l'automne 2005. Dans l'attente des résultats de cette évaluation, la direction de la sécurité et de la circulation routières maintient sa recommandation. De façon générale, le Gouvernement est très attentif à l'évolution de l'accidentalité des motocyclistes. Il paraît important de rappeler qu'en 2004, les motocyclistes ne représentaient que 0,9 % du trafic mais 15,6 % du nombre de tués, avec un risque de se tuer par kilomètre parcouru dix-neuf fois supérieur à celui des usagers des voitures de tourisme. La diminution significative de ce chiffre est l'une des priorités que le Gouvernement s'est données lors des comités interministériels de sécurité routière du 24 janvier 2005 et du 1er juillet dernier. Celle-ci nécessite une prise de conscience par tous de la fragilité des usagers utilisant ce mode de transport. La campagne de communication nationale qui a été conduite au mois de juin 2005 répondait à cet objectif d'information et de sensibilisation.