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Réorganisation du réseau douanier

12e législature

Question écrite n° 16149 de M. Jacques Baudot (Meurthe-et-Moselle - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 17/02/2005 - page 433

M. Jacques Baudot attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie sur les inquiétudes que suscite un projet de réorganisation du réseau douanier de renseignement et de lutte contre la fraude. La Direction générale des douanes envisagerait de supprimer l'ensemble des brigades régionales de recherches (BRR) réparties sur tout le territoire, à l'exception de celles de Bastia et d'Ajaccio. Les BRR sont " les yeux et les oreilles " de la douane sur le terrain et leur travail est complémentaire de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED). Elles accomplissent leur mission avec efficacité en matière de lutte contre les reventes de tabac de contrebande et de démantèlement des circuits de fraude aux taxes sur les produits pétroliers. Nombre de personnels sont inquiets des conséquences que pourrait engendrer cette restructuration. Aussi, il lui demande de lui indiquer les mesures qu'il entend prendre pour maintenir l'équilibre de la procédure de renseignement douanier.



Réponse du Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie

publiée dans le JO Sénat du 14/04/2005 - page 1070

Depuis plusieurs années, la direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI) a engagé une réflexion d'ensemble portant sur son dispositif de renseignement et de lutte contre la fraude et la réforme envisagée porte en particulier sur les modes de collecte et de traitement du renseignement. Dans ce cadre, la mission des services de recherche n'est nullement remise en cause mais les impératifs opérationnels ont conduit en revanche à revoir l'organisation actuelle de l'ensemble de la filière. Les dispositions législatives en matière de lutte contre la criminalité organisée et de fonctionnement de la justice, avec la loi Perben Il, prévoient notamment la mise en oeuvre de techniques nouvelles d'investigation qui nécessitent une organisation adaptée. Ainsi, une direction nationale dédiée spécialement à ce secteur devrait être créée : la direction des opérations douanières (DOD). Dans le schéma envisagé, le choix a été privilégié de mettre en place des unités de tailles plus importantes qu'actuellement et dotées d'équipements plus modernes. Un maillage géographique équilibré a été proposé afin que le réseau des services de recherche, sans être affaibli, soit adapté aux nouveaux enjeux. La nouvelle direction des opérations douanières verrait, dans ce cadre, ses effectifs implantés sur l'ensemble du territoire portés à 387 agents, soit une augmentation de 94 emplois. Par ailleurs, ce dispositif serait complété par la création, au sein de chaque direction régionale, d'une cellule de pilotage des contrôles et de la lutte contre la fraude. Cette cellule serait chargée de renforcer le réseau existant au plan régional afin d'améliorer la coordination et le ciblage des interventions des brigades de surveillance. S'agissant des personnels, la réforme s'effectuera à effectifs constants et les agents bénéficieront de priorités pour rejoindre les postes offerts dans les nouvelles structures. Ceux qui seraient amenés à devoir changer de résidence bénéficieront des mesures sociales d'accompagnement habituellement prévues lors des restructurations. Cette réforme, qui vise à adapter le nouveau dispositif douanier aux enjeux actuels, a pour ambition de conforter l'action de la douane dans sa mission fondamentale de lutte contre la grande fraude et la criminalité organisée.