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Place de la langue allemande dans le système éducatif français

12e législature

Question écrite n° 16245 de M. Marcel Vidal (Hérault - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 24/02/2005 - page 515

M. Marcel Vidal attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche sur la place de la langue allemande dans le système éducatif français. En effet, alors que les relations économiques avec l'Allemagne se multiplient, et sont dans de nombreux domaines porteuses d'emplois, on constate une baisse significative des effectifs des classes germanistes. Afin de relancer cet apprentissage, l'académie de Montpellier, soucieuse d'intensifier les échanges, intègre dans son plan des mesures pour agir sur la carte des langue et propose notamment de doubler les sections européennes et d'installer l'enseignement dans les lycées professionnels. Aussi, en vue d'assurer la promotion de cette langue, et au regard d'une réalité européenne forte, il lui demande quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour développer l'enseignement de la langue allemande dans le système éducatif français.



Réponse du Ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche

publiée dans le JO Sénat du 01/09/2005 - page 2251

La célébration de la journée franco-allemande chaque année à une date proche du 22 janvier en souvenir du traité de l'Elysée, autour d'un thème commun à débattre et retenu par les ministres des deux pays, a été instaurée pour favoriser l'apprentissage de l'allemand par nos élèves et les informer sur les programmes d'échanges et les modalités de mobilité dans le pays partenaire au cours des études et dans le cadre de la profession. Le thème de cette année, « des atouts pour des métiers et des carrières en Europe », a ainsi donné lieu à l'élaboration de supports pédagogiques spécifiques pour les enseignants. L'amélioration de l'apprentissage des langues vivantes constitue un des objectifs inscrits dans la loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école, qui prévoit, pour tout élève, de suivre au cours de sa scolarité obligatoire l'enseignement de deux langues vivantes autres que la langue nationale. De plus, le renforcement de l'étude de la langue allemande dans le milieu scolaire, qui est l'une des préoccupations du ministre de l'éducation nationale, de la recherche et de l'enseignement supérieur, avait déjà fait l'objet de résolutions prises à l'issue du conseil des ministres franco-allemands tenu à Berlin le mardi 26 octobre 2004. Un plan de relance de la langue allemande a été présenté à la suite de la rencontre des recteurs d'académie français et des responsables des autorités scolaires allemands à Sarrebruck le 12 novembre 2004, qui s'accompagne d'une série de mesures destinées à encourager la pratique et la diffusion de cette langue. La mise en oeuvre de ce plan relève de l'autorité des recteurs. C'est ainsi qu'un effort de promotion de l'enseignement de l'allemand va être entrepris dès l'école primaire auprès des élèves et des familles, son étude, comme pour toutes les autres langues vivantes susceptibles d'être choisies à ce niveau, devant être généralisée au CE1 ; l'objectif étant d'augmenter la proportion d'élèves germanistes de 20 % en cinq ans. En outre, la continuité de l'enseignement de l'allemand dans le second degré sera assurée partout où celui-ci sera dispensé dans le premier degré. Simultanément, le nombre de classes bi-langues anglais-allemand en sixième sera augmenté de 50 % en 5 ans et la mise en place du modèle d'enseignement bilingue proposé en Alsace-Moselle sera étendu à une ou deux académies supplémentaires. Sur cette même période de cinq ans, l'ouverture de classes européennes en allemand devrait connaître un accroissement sensible. Par ailleurs, pour la rentrée scolaire 2005, sera conçue, pour l'allemand, une certification de langue institutionnelle sur la base du cadre européen commun de référence, correspondant au niveau B1 (utilisateur indépendant). La première délivrance de cette certification, qui pourra concerner les élèves de troisième, devrait intervenir à la fin de l'année scolaire 2005-2006. S'agissant plus particulièrement du lycée, l'Abibac, dispositif mis en place depuis 1994, permettant aux lycéens français et allemands de suivre une formation spécifique en vue d'obtenir simultanément le baccalauréat et l'examen homologue l'Abitur, devra être étendu à toutes les académies en 2007. Afin de faciliter cette extension, il est prévu de simplifier les modalités de passation et d'ouvrir le dispositif aux disciplines scientifiques et technologiques.