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Révision du seuil du versement de l'aide personnalisée au logement

12e législature

Question écrite n° 16404 de M. Jean-Pierre Masseret (Moselle - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 10/03/2005 - page 654

M. Jean-Pierre Masseret souhaite appeler l'attention de M. le ministre délégué au logement et à la ville sur les conditions révisées de l'attribution de l'aide personnalisée au logement (APL). En effet, l'arrêté du 30 avril 2004 fixe un seuil à 24 euros par mois en-dessous duquel cette aide n'est plus versée. Or, malgré la modicité apparente de la somme, celle-ci représente, cumulée sur une année, une ressource non négligeable pour de nombreux ménages modestes. D'autres solutions pourraient être envisagées pour améliorer la gestion et le versement de cette aide, sans que les foyers les plus modestes soient touchés. Aussi, il lui demande d'envisager de revenir sur les conditions d'attribution visées par ce décret et de lui préciser quelles en seraient les modalités et les délais.



Réponse du Ministère délégué au logement et à la ville

publiée dans le JO Sénat du 19/05/2005 - page 1445

Le seuil en deçà duquel les aides personnelles au logement ne sont pas versées n'avait pas été actualisé depuis juillet 1988. Le relèvement, au printemps 2004, de ce seuil de 15 euros à 24 euros, après plus de 15 ans d'absolue stabilité, a donc suivi avec beaucoup de retard l'inflation enregistrée sur cette période. Il convient d'ajouter que 98 % des 6,1 millions de bénéficiaires des aides personnelles au logement ne sont pas concernés par cette mesure. Les aides personnelles au logement ont vocation à atténuer des charges de loyer ou de remboursement d'emprunt qui sont exigibles chaque mois, si bien qu'il convient de verser ces aides suivant cette même périodicité. Le regroupement, par exemple sur un trimestre, des aides mensuelles les plus faibles aurait, en outre, pour effet de compliquer encore l'instruction des dossiers par les caisses d'allocations familiales. Lors de la dernière actualisation des aides personnelles au logement, au printemps 2004 avec effet rétroactivement au 1er juillet 2003, le Gouvernement a souhaité affecter, en priorité, les moyens budgétaires supplémentaires à la revalorisation générale des prestations. Cette actualisation représente un coût de 220 millions d'euros par an, dont 120 millions d'euros s'imputent sur le budget du logement. Il s'agit d'un effort financier important venant s'ajouter à un montant de prestations annuelles d'APL et d'allocations de logement qui dépasse aujourd'hui 14 milliards d'euros, dont plus de 5,5 milliards d'euros sont pris en charge par le budget du logement. Cette hausse des prestations permet de préserver l'aide de la très grande majorité des bénéficiaires. Le Gouvernement tiendra compte, au mieux, des remarques formulées par l'ensemble des acteurs du logement, lors de la prochaine revalorisation des barèmes. Le Gouvernement veut améliorer les conditions de logement des ménages disposant de ressources modestes. Or, l'offre de logements locatifs accessibles à ces ménages est aujourd'hui insuffisante, en raison du faible niveau de production de logements sociaux au cours de la dernière décennie. La loi de programmation pour la cohésion sociale permettra de résorber cette carence de l'offre locative, qui est à l'origine des difficultés rencontrées par un grand nombre de personnes. Entre 2005 et 2009, 500 000 logements locatifs sociaux seront ainsi réalisés, 200 000 logements locatifs privés à loyers maîtrisés seront produits et 100 000 logements vacants seront remis sur le marché locatif.