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Situation des associations intermédiaires

12e législature

Question écrite n° 20594 de M. Guy Fischer (Rhône - CRC)

publiée dans le JO Sénat du 24/11/2005 - page 3031

M. Guy Fischer appelle l'attention de M. le ministre délégué à l'emploi, au travail et à l'insertion professionnelle des jeunes sur la situation des associations intermédiaires. Fortes de vingt ans d'expérience au service des particuliers, ces associations contribuent à la lutte contre l'exclusion sociale en offrant à leurs salariés un cadre alliant l'exigence d'un travail exercé dans des conditions quasi normales du milieu professionnel et un accompagnement socioprofessionnel. Malgré leur rôle plus que jamais indispensable, ces associations rencontrent des difficultés liées au renforcement des contraintes administratives et financières ainsi qu'à l'exigence de professionnalisation du secteur. Il est notamment question d'instaurer un taux de retour à l'emploi comme critère d'évaluation de l'insertion, alors que les personnes en difficulté employées ont besoin de rester un temps variable dans l'association intermédiaire avant de pouvoir rejoindre le monde de l'entreprise. Les associations intermédiaires ne sont pas hostiles au changement : elles s'inscrivent collectivement dans un projet de professionnalisation, et de labellisation, tel que celui porté par l'Union nationale des associations intermédiaires, qui fédère nombre d'entre elles. En contrepartie, elles souhaitent trouver leur place dans le plan d'action des services à la personne, duquel elles se sentent injustement écartées. Conscient de l'importance du rôle joué par ces associations dans l'insertion des jeunes en difficulté, il lui demande s'il entend leur offrir des conditions favorables à l'exercice de leur mission, en leur permettant notamment d'entrer dans le processus de développement des services à la personne.

Transmise au Ministère délégué à la cohésion sociale et à la parité



Réponse du Ministère délégué à la cohésion sociale et à la parité

publiée dans le JO Sénat du 11/01/2007 - page 73

L'attention du Gouvernement a été appelée sur la situation des associations intermédiaires (AI) que le sénateur estime confrontées à des difficultés, liées au critère d'évaluation de leur action et à l'évolution du secteur des services à la personne. Les associations intermédiaires ainsi que l'ensemble des structures d'insertion par l'activité économique constituent des acteurs indispensables de la lutte contre le chômage de longue durée et contre les exclusions. Elles participent pleinement de la volonté du Gouvernement de privilégier l'accès direct à une activité professionnelle dans les conditions ordinaires du marché du travail. Au sein du programme « Développer l'économie solidaire » du plan de cohésion sociale, elles bénéficient d'un soutien accru. Pour le cas particulier des AI, il accroît et généralise l'aide à l'accompagnement dans les associations intermédiaires qui passe de 5,6 MEUR en 2004 à 13,3 MEUR en 2005 (idem en 2006 et 2007). Cette aide, créée en 2002 à titre expérimental par voie de circulaire, a été pérennisée par le décret n° 2005-905 du 2 août 2005. Son montant maximal est porté à 30 000 EUR par structure. Ces structures accueillent et mettent à disposition auprès de particuliers employeurs ou d'entreprises des personnes particulièrement éloignées de l'emploi. En contrepartie des actions menées pour l'accueil l'accompagnement et le retour à l'emploi de ces publics les AI bénéficient des aides suivantes : le conventionnement au titre de l'insertion par l'activité économique ouvre droit à l'exonération de charges sociales jusqu'à 750 heures par an et par salarié ; les AI sont également exonérées de TVA, d'impôt sur les sociétés, de la taxe professionnelle et de la taxe d'apprentissage ; elles peuvent recevoir une aide à l'accompagnement d'un montant maximum de 30 000 par AI ; elles sont par ailleurs éligibles tant pour le démarrage que pour le développement au fonds départemental d'insertion et peuvent être accompagnées dans leurs démarches d'évolutions par les DLA. Les AI procédant à la mise à disposition de salariés en insertion auprès de particuliers peuvent à cette fin conclure des contrats d'avenir et des contrats d'accompagnement dans l'emploi. Lorsqu'elles embauchent des personnes en contrats d'avenir, elles bénéficient d'une aide versée par le conseil général ou l'État au titre de l'activation du minimum social et d'une aide dégressive de l'État. Dans le contexte de l'évolution de la gestion des finances publiques liée à l'entrée en vigueur de la loi organique relative aux lois de finances, un indicateur de performance doit être associé à chaque mesure inscrite en loi de finances. La circulaire DGEFP n° 2005/37 relative aux associations intermédiaires et aux modalités de gestion de l'aide à l'accompagnement prévoit, pour le cas de l'aide à l'accompagnement rénové dans les AI un objectif de taux de retour à l'emploi durable. Il est cependant spécifié que cet objectif doit être réaliste et déterminé avec les structures et ne doit pas constituer un critère exclusif du conventionnement de la structure. Les DDTEFP, services en charge du conventionnement des structures, sont invitées à s'attacher autant à la progression du taux qu'à son niveau. Concernant le plan d'action des services à la personne, les associations intermédiaires dans le cadre de la loi du 26 juillet 2005 pourront continuer à intervenir chez les personnes de moins de soixante ans pour les tâches ménagères avec un régime d'agrément simplifié. Ce parcours d'insertion vertueux est déjà organisé par les acteurs de ce secteur d'activité, dont certains (COORACE et UNA) ont conclu une convention cadre.