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Tour de France

13e législature

Question d'actualité au gouvernement n° 0152G de M. François Fortassin (Hautes-Pyrénées - RDSE)

publiée dans le JO Sénat du 27/06/2008 - page 3531

M. François Fortassin. Ma question s'adresse à M. le secrétaire d'État chargé des sports, de la jeunesse et de la vie associative.

Nous sommes à dix jours du départ du Tour de France ! (Ah ! sur les travées de l'UMP.) Cet événement a nourri bien des rêves de notre enfance, et les seules évocations des noms de champions tels que Bobet, Anquetil, Poulidor, Merckx, Hinault, Fignon, ou encore Indurain, mais aussi de lieux mythiques, comme le Tourmalet, le Galibier, le mont Ventoux, le Puy-de-Dôme, l'Alpe-d'Huez, par exemple, sont entourées d'un double parfum de légende et d'épopée.

Cette épreuve est aussi une grande fête populaire à laquelle les Français, comme une large majorité de la représentation nationale, sont attachés. Toutefois, cette manifestation est soumise à de vives tensions qui opposent les organisateurs de la Grande Boucle et la Fédération française de cyclisme, la FFC, à l'Union cycliste internationale, l'UCI.

Souhaitant avoir un droit de regard sur les participants afin d'éviter les regrettables incidents de 2007 et d'échapper aux desseins manifestement hostiles de l'UCI, les organisateurs, face à l'intransigeance de la Fédération internationale, ont été contraints de placer le Tour de France sous l'égide de la Fédération française de cyclisme.

La FFC, conformément au droit français, a accédé à cette demande, comme cela avait été le cas pour la course Paris-Nice.

La Fédération internationale s'est alors retournée contre la Fédération française. Après avoir porté plainte contre son président, M. Pitallier, dont l'attitude a pourtant été exemplaire, l'UCI a suspendu la FFC, avec les conséquences négatives et funestes qui en découlent : les dirigeants français ont été écartés des commissions, des comités ainsi que des congrès, et la France a été interdite de postuler à l'organisation des championnats du monde, toutes disciplines cyclistes confondues.

Il en résulte que la voix de la France ne peut plus s'exprimer dans l'organisation d'un sport majeur auquel elle a tant contribué et auquel elle a beaucoup apporté.

Monsieur le secrétaire d'État, que comptez-vous faire pour défendre la Fédération française de cyclisme contre une fédération internationale qui use et abuse de sa position dominante ? Que comptez-vous faire pour préserver le cyclisme français et le Tour de France contre une fédération internationale qui, par des manœuvres dilatoires, semble vouloir nuire gravement à ce monument du patrimoine sportif et populaire français qu'est le Tour de France ? (Applaudissements sur les travées du RDSE et de l'UMP, ainsi que sur les travées du groupe socialiste.)



Réponse du Secrétariat d'État chargé des sports, de la jeunesse et de la vie associatve

publiée dans le JO Sénat du 27/06/2008 - page 3531

M. Bernard Laporte, secrétaire d'État chargé des sports, de la jeunesse et de la vie associative. Monsieur le sénateur, vous avez raison de souligner que le Tour de France fait partie intégrante de notre patrimoine sportif. Il est le troisième événement sportif mondial derrière les jeux Olympiques et la Coupe du monde de football et a été, qui plus est, inventé par un Français, tout comme les deux autres manifestations.

Il existe un conflit réel entre l'UCI, l'Union cycliste internationale, et la FFC, la Fédération française de cyclisme. L'UCI veut, comme en Formule 1, organiser les dix-huit Grands tours, dont le Tour de France, déterminer toutes les équipes participantes et, surtout, maîtriser l'aspect commercial.

M. Robert Hue. Vous parlez en expert !

M. Bernard Laporte, secrétaire d'État. Or la FFC et, surtout, ASO, Amaury Sport Organisation, l'organisateur du Tour de France, ne veulent pas se voir imposer les équipes participantes et souhaitent, au contraire, inviter celles qui leur conviennent. L'équipe Astana a, comme vous le savez, monsieur le sénateur, posé des problèmes durant deux Tours de France. ASO n'a donc pas voulu l'engager, bien que l'UCI le lui imposait.

Le Gouvernement va défendre le président de la FFC, M. Jean Pitallier, qui n'a fait qu'appliquer la loi. Lors de nos nombreuses conversations téléphoniques, je l'ai d'ailleurs félicité pour avoir eu le courage de prendre cette décision.

Monsieur le sénateur, c'est au Parlement qu'il revient de voter les lois. Or, en vertu de la loi, un organisateur qui décide de mettre en place une manifestation sportive doit s'en référer à la fédération nationale, laquelle juge de son sérieux et de sa compétence pour donner son autorisation. C'est tout simplement ce qu'ont fait ASO et le président de la FFC. Ils n'ont fait qu'appliquer la loi.

Par ailleurs, après le Tour de France, nous renouerons les contacts avec l'UCI, parce que l'intérêt général du cyclisme veut que la fédération internationale et la fédération française se parlent. Mais surtout, nous voulons un grand Tour de France 2008.

L'AMA, l'Agence mondiale antidopage, dont j'ai reçu hier au ministère le nouveau président, M. Fahey, et l'AFLD, l'Agence française de lutte contre le dopage, œuvrent pour contrôler un maximum de coureurs. Elles travailleront beaucoup durant la compétition. Nous espérons tous que le Tour de France sera, cette année, propre et sain, comme nous le souhaitons.

En conclusion, j'espère que, lorsque vous en aurez l'occasion, vous affirmerez que le président de la Fédération française de cyclisme n'a fait qu'appliquer la loi ! (Applaudissements sur les travées de l'UMP et du RDSE.)