Allez au contenu, Allez à la navigation

Statut des conseillers d'insertion et de probation

13e législature

Question écrite n° 04749 de M. Jean-Pierre Bel (Ariège - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 12/06/2008 - page 1150

M. Jean-Pierre Bel attire l'attention de Mme la garde des sceaux, ministre de la justice sur le statut des conseillers d'insertion et de probation de la direction de l'administration pénitentiaire.
Depuis plusieurs années, le métier des conseillers d'insertion et de probation, chargés du suivi des condamnés, est en constante évolution. Ils sont aujourd'hui devenus des acteurs majeurs de l'exécution des peines et de la prévention de la récidive.
A titre d'exemple, sur le département de l'Ariège, il y a actuellement trois titulaires, une personne en formation et une vacataire pour suivre plus de 600 personnes (ce qui comporte des interventions à la Maison d'arrêt, des enquêtes pour les aménagements de peine, la participation aux réunions institutionnelles, la rédaction d'écrits à destination des magistrats, les entretiens de suivi, le partenariat,…). Malgré cette inflation incessante des domaines d'intervention des Services Pénitentiaires d'Insertion et de Probation, le projet de loi statutaire présenté ne prévoit aucune évolution pour les conseillers d'insertion et de probation qui sont cantonnés dans un statut de catégorie B de la fonction publique.
En conséquence, il lui demande si elle entend modifier le projet de réforme statutaire de la loi pénitentiaire afin que les conseillers d'insertion et de probation puissent accéder au cadre d'emploi de la catégorie A de la fonction publique.



Réponse du Ministère de la Justice

publiée dans le JO Sénat du 25/09/2008 - page 1952

La garde des sceaux, ministre de la justice, fait connaître à l'honorable parlementaire l'attention qu'elle porte à la situation et aux revendications des personnels d'insertion et de probation de la direction de l'administration pénitentiaire. En effet, une partie des ces personnels a exprimé son mécontentement depuis le début du mois de mai au sujet d'un projet d'évolution statutaire dans le cadre de la réforme de la fonction publique initiée par le Gouvernement le 1er octobre 2007. La direction de l'administration pénitentiaire, consciente de l'évolution des missions confiées à la filière d'insertion et de probation au cours des dix dernières années, a procédé à d'importants recrutements qui se sont traduits par un doublement des effectifs de la filière, compte tenu des personnels administratifs qui participent également activement aux missions dévolues dans les SPIP. C'est ainsi que 1 771 agents étaient comptabilisés en 1998 pour 3 491 au 1er janvier 2008. Les années 2006 et 2007 ont vu l'arrivée dans les services de près de 500 nouveaux agents. Les grandes orientations de ce projet de réforme présentées et discutées au cours de cinq réunions avec les organisations professionnelles portaient sur les avancées suivantes : le recours aux statuts types de la fonction publique afin de favoriser les mobilités interfilières ; la restructuration globale de la filière et simplification autour d'une articulation en deux corps et un statut d'emploi ; la suppression des zones de chevauchement de compétences ; l'accès au grade supérieur par une meilleure reconnaissance des acquis professionnels ; la construction de la filière dans une logique de progression des parcours professionels ; le régime indemnitaire harmonisé et modernisé en application de la réforme de l'État. Ces orientations ont été rejetées par les représentants des personnels. Dans ce contexte, la garde des sceaux a demandé à Mme Charlotte Trabut, inspecteur des services judiciaires, de conduire une mission d'expertise et de propositions. À la lumière des entretiens réalisés dans le cadre de cette mission, il a été décidé qu'il n'y aurait pas de modulation de la nouvelle prime prévue pour les conseillers d'insertion et de probation, que la durée de la formation de ces personnels ferait l'objet d'un nouvel examen et que la fonction d'encadrement, quel que soit son niveau opérationnel, serait de la seule responsabilité du futur corps d'encadrement. De plus, de la même manière que le directeur de l'administration pénitentiaire a pris l'engagement de ne pas moduler l'indemnité forfaitaire d'insertion et de probation sans accord des organisations syndicales, il n'y aura pas de modulation de la future indemnité de fonctions et d'objectifs. Madame Trabut conduit sa mission en collaboration étroite avec les autorités judiciaires et dans le cadre d'un dialogue étroit avec les organisations syndicales. Par ailleurs, les conseillers d'insertion et de probation s'interrogeant sur l'évolution de leur métier à la faveur notamment des lois pénales votées ces dernières années et d'une demande accrue de prévention de la récidive, la garde des sceaux, ministre de la justice a demandé qu'un audit soit réalisé en identifiant les principaux enjeux d'évolution. Cette mission a été confiée à Mme Isabelle Gorce, magistrat, conseiller référendaire à la Cour de cassation. Il faut ajouter qu'à la suite des discussions conduites par la direction de l'administration pénitentiaire avec les partenaires syndicaux le 17 et 24 juin 2008 un protocole de travail a été signé avec les trois organisations syndicales représentatives (SNEPAP, CFDT, CGT) portant sur cinq thèmes : améliorer concrètement le fonctionnement des services ; conduire une réflexion sur les perspectives métier avec les conséquences statutaires et indemnitaires ; adapter la formation professionnelle ; repenser l'organisation et le management des services ; accompagner la mise en oeuvre de la loi pénitentiaire. Une politique de communication sera mise en oeuvre pour garantir une bonne compréhension de ces différents axes de travail et de la méthode choisie par l'administration. C'est donc un chantier de grande ampleur qui s'ouvre dès à présent et qui devrait s'étaler sur plusieurs mois.