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Allergies respiratoires

13e législature

Question écrite n° 04988 de M. André Boyer (Lot - RDSE)

publiée dans le JO Sénat du 03/07/2008 - page 1326

M. André Boyer attire l'attention de Mme la ministre de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative sur l'impact économique et social des allergies respiratoires. Aujourd'hui, plus d'un Français sur trois reconnaît souffrir d'allergies respiratoires, soit plus de 22 millions de personnes. Selon l'Organisation mondiale de la santé, le phénomène est croissant et pourrait concerner en 2010, 50% des Français. Ces allergies se révèlent particulièrement handicapantes au quotidien et, lorsqu'il s'agit d'enfants, pénalisantes pour la vie scolaire : absences répétées, manque de concentration, mise à l'écart de certaines activités. Malgré leur coût économique et social, elles ne sont pas encore considérées comme des maladies à part entière. En conséquence, il lui demande de bien vouloir lui indiquer quelles mesures elle entend prendre pour répondre à ce défi de santé encore sous-diagnostiqué.



Réponse du Ministère de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative

publiée dans le JO Sénat du 11/09/2008 - page 1838

L'impact des facteurs environnementaux sur le développement de l'allergie, fréquemment en cause dans la maladie asthmatique, est variable : exposition aux allergènes, intrication possible de différents facteurs (tabagisme passif, type d'allergènes, facteurs nutritionnels, pollution...) au terrain génétique. Il est actuellement difficile d'établir, faute de preuves, à l'échelon d'une population générale, des stratégies de prévention primaire visant à contrôler l'incidence de l'asthme et de l'allergie. Dans ce domaine, seules les actions de santé publique ayant pour objectif de diminuer l'incidence du tabagisme passif et actif, notamment pendant la grossesse et chez le jeune enfant, ont fait leurs preuves dans la population générale. Le ministère chargé de la santé a contribué à mettre en place des actions de sensibilisation contre les méfaits du tabac, en lien avec l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES) et des mesures incitatives pour le sevrage tabagique. Cependant, dans le domaine de la lutte contre l'asthme, les mesures de prévention secondaire et tertiaire sont les plus efficaces et permettent de réduire la survenue des exacerbations, de diminuer la survenue de crises graves, d'améliorer les fonctions respiratoires et la qualité de vie des patients et d'en diminuer la mortalité. Elles reposent sur un diagnostic précoce et une meilleure prise en charge des malades. Des actions mises en place et soutenues par le ministère chargé de la santé, en concertation avec les professionnels concernés et les associations de patients, permettent d'améliorer la formation et l'information des professionnels de santé et des malades, de promouvoir le dépistage des malades par la mesure du souffle, de favoriser la mise en place et l'application de bonnes pratiques de soins et de suivi et, enfin, de développer l'éducation du patient à sa maladie par la mise en place de plus d'une centaine d'« écoles de l'asthme ». Des campagnes nationales en 2005, 2006, 2007, 2008 à l'initiative des professionnels de santé et des associations de patients, soutenues par le ministère chargé de la santé, informent le grand public sur les maladies respiratoires obstructives, notamment l'asthme, sur l'existence d'un dépistage possible par la mesure du souffle et sur l'importance de préserver, tout au long de sa vie, son « capital souffle ».