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Enduits végétaux pour la route

13e législature

Question écrite n° 09216 de M. Philippe Madrelle (Gironde - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 18/06/2009 - page 1495

M. Philippe Madrelle interroge M. le ministre d'État, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire sur de nouvelles expérimentations réalisées par des sociétés de construction de routes et notamment l'utilisation d'enrobés végétaux. Ces sociétés présentent la possibilité de revêtements routiers composés de colophane extraite de résine de pin et d'huile de soja. Ces matières premières renouvelables qui composent ce nouveau liant routier ont remplacé celles issus du pétrole et ont des caractéristiques mécaniques supérieures à celles du bitume fabriqué avec des matières issues de la pétrochimie. L'utilisation de ces enduits végétaux nécessitent une moindre consommation d'énergie, 15 à 20 % en moins par rapport aux enduits traditionnels, et ne contamine pas les eaux de ruissellement. Le remplacement du bitume d'origine pétrolière par un enduit à base de résine de pin et d'huile de soja présente un intérêt écologique de tout premier plan. Face à cette encourageante perspective, il lui demande s'il ne juge pas opportun d'envisager la relance du gemmage en forêt de Gascogne avec notamment le nouveau procédé de gemmage en vase clos. Une telle perspective est susceptible de redonner un espoir aux sylviculteurs dûment touchés par la dernière tempête Klaus.



Réponse du Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat

publiée dans le JO Sénat du 22/10/2009 - page 2477

La réalisation de revêtements routiers à base de liants végétaux a été développée par l'industrie routière ces dernières années. Dans ce domaine, les grandes entreprises françaises du secteur disposent de brevets pour ces produits faisant appel à des procédés chimiques complexes. Ces techniques à base de liants végétaux présentent un intérêt tant pour l'économie d'énergie et d'émission de gaz à effet de serre que pour la substitution de matières premières renouvelables au bitume d'origine pétrolière. Les procédés à base de résine de pin utilisent également des huiles d'origine végétale (colza, soja, etc.) à hauteur d'au moins 40 %. Le coût est toutefois significativement plus élevé, environ cinq fois plus cher qu'un enrobé classique. Le réseau scientifique et technique de l'État participe aux tests et à la validation des comportements de ces produits. Par ailleurs, les efforts de recherche pour réduire l'impact écologique des produits de chaussée portent également sur d'autres aspects. Notamment, la réduction de température de fabrication des enrobés afin de limiter l'apport énergétique et la production de gaz à effet de serre est étudiée. Le recyclage des matériaux de chaussées après fraisage des couches existantes conduit également à des économies sur les matières non renouvelables que sont les bitumes mais également sur les granulats. À ce jour, il semble que les techniques à base de liants végétaux peuvent trouver leurs applications dans le cadre de petites surfaces, dans des zones sensibles. Pour le long terme, les liants végétaux paraissent être une des pistes les plus prometteuses. En fonction des avancées technologiques et du résultat de la réflexion d'ensemble sur le positionnement de l'agriculture vis-à-vis de la production de composants pour la chimie, la production de résine de pin pourra trouver un nouveau débouché et sera alors naturellement relancée par la demande de l'industrie routière.