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Représentation de l'Afrique au conseil de sécurité de l'ONU et au G 20

13e législature

Question écrite n° 13798 de M. Marcel Rainaud (Aude - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 10/06/2010 - page 1427

M. Marcel Rainaud interroge M. le ministre des affaires étrangères et européennes sur la représentation de l'Afrique au conseil de sécurité de l'ONU et au G 20.

En effet, lors du dernier sommet Afrique-France organisé à Nice, le chef de l'État a exprimé le souhait que l'Afrique soit mieux représentée au sein du conseil de sécurité de l'ONU comme au sein du G 20.

Il lui demande de lui préciser la façon dont il entend intervenir afin que ce vœu exprimé publiquement puisse se traduire concrètement par des avancées réelles pour le continent africain.



Réponse du Ministère des affaires étrangères et européennes

publiée dans le JO Sénat du 16/09/2010 - page 2416

Lors du XXVe sommet Afrique-France, qui s'est tenu à Nice les 31 mai et 1er juin 2010, les chefs d'État et de gouvernement se sont accordés sur l'importance d'un système multilatéral efficace et représentatif du monde d'aujourd'hui, fondé sur une Organisation des Nations unies forte et rénovée. Ils ont, en particulier, appelé à une réforme urgente du Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU). Tout en soutenant l'accession à un siège de membre permanent de l'Allemagne, du Brésil, de l'Inde et du Japon, la France souhaite que les États africains soient mieux représentés au CSNU, à la fois parmi les membres permanents et non permanents. Après quinze années de consultations qui n'ont pas permis d'aboutir, la réforme du Conseil de sécurité n'avance pas suffisamment, bien que des négociations intergouvernementales aient été formellement lancées par l'assemblée générale des Nations unies le 19 février 2009. Afin de sortir de cette situation, notre approche, conjointe avec les Britanniques, consiste à promouvoir une réforme intérimaire. Cette solution pourrait consister à créer, pendant une certaine période, une nouvelle catégorie de sièges avec des mandats plus longs que ceux des membres actuellement élus. À la fin de cette période, les sièges des États membres concernés, africains notamment, pourraient devenir permanents. La France a donc saisi l'opportunité du sommet Afrique-France pour ouvrir le débat sur cette proposition. Nous encourageons ainsi les États africains à réfléchir à des solutions innovantes sur la réforme du Conseil de sécurité. À Nice, les chefs d'État et de gouvernement ont également appelé à une réforme de la gouvernance mondiale afin que le continent africain soit mieux représenté au sein des enceintes internationales, conformément à son rôle et ses responsabilités grandissants. Ils ont estimé nécessaire d'assurer une représentation « élargie, juste, constante et équitable » de l'Afrique au sein du G20. La France, qui a milité avec succès en faveur de la participation de l'Union africaine aux sommets du G20 de Londres (avril 2009), de Pittsburgh (septembre 2009) et de Toronto (juin 2010), a annoncé son intention, à l'occasion de sa prochaine présidence du G20, de donner toute sa place au continent africain dans la gouvernance économique mondiale. Les sujets de développement, qui concernent tout particulièrement l'Afrique, feront partie de nos priorités. La France est par ailleurs déterminée, dans la perspective de sa présidence du G8, à poursuivre et renforcer son dialogue privilégié et approfondi avec ce continent, dans la lignée des initiatives prises lors des précédents sommets (plans d'actions pour l'Afrique, lancement du forum pour le partenariat avec l'Afrique, rôle des représentants personnels Afrique, actions en matière de développement).