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Évolution du rôle et de la fonction d'éditeur

13e législature

Question écrite n° 15207 de Mme Colette Giudicelli (Alpes-Maritimes - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 23/09/2010 - page 2452

Mme Colette Giudicelli attire l'attention de M. le ministre de la culture et de la communication sur la nécessaire mise à jour de la loi relative au rôle et à la fonction de l'éditeur. En effet, la partie du code de la propriété intellectuelle qui définit le contrat d'édition ainsi que les droits et les obligations des auteurs des œuvres de l'esprit et de leurs éditeurs a été rédigée dans les années 50. Les dispositions de cette partie du code sont donc bien souvent obsolètes, et en tout cas insuffisantes : le métier d'éditeur n'a aujourd'hui plus grande similitude avec ce qu'il a pu être il y a quelques années et évidemment il y a quelques décennies. La disparition quasi totale du graphique dans le domaine de l'édition musicale et l'arrivée du numérique dans les modes de diffusion de l'écrit bouleversent totalement les liens qui peuvent exister entre un auteur et un éditeur.
Aussi, elle souhaiterait savoir s'il compte modifier ces dispositions qui ne s'en tiennent aujourd'hui qu'à des références juridiques concernant l'édition papier.



Réponse du Ministère de la culture et de la communication

publiée dans le JO Sénat du 23/12/2010 - page 3309

Contrairement au droit commun des contrats et au principe de liberté contractuelle qui prévaut en droit français, le législateur a voulu en 1957 faire respecter un certain équilibre entre les auteurs et leurs éditeurs en prévoyant qu'un certain nombre de dispositions d'ordre public relatives aux droits et aux obligations des parties doivent figurer dans le contrat d'édition. Ce cadre légal particulièrement protecteur des auteurs pose les principes généraux qui doivent guider les relations contractuelles entre auteurs et éditeurs. Ces principes sont toujours d'actualité et doivent conduire tout particulièrement l'éditeur à associer le plus justement possible l'auteur aux fruits tirés de l'exploitation de son oeuvre, à respecter son obligation d'exploitation de l'oeuvre afin de lui donner toutes ses chances de succès auprès du public et à respecter l'intégrité de l'oeuvre. Ces principes sont adaptables aux évolutions technologiques par le simple fait d'ajustements des pratiques contractuelles existantes. Il serait prématuré de faire évoluer ce cadre légal sans avoir de connaissance précise des modèles économiques qui caractériseront l'exploitation du livre numérique. En revanche, les usages professionnels doivent évoluer pour tenir compte des particularités de l'exploitation numérique, dans le respect des principes défendus par le législateur en 1957. Ainsi que viennent de l'annoncer les organismes représentatifs des intérêts des auteurs et des éditeurs, des discussions relatives aux modalités de cession des droits numériques, associant le Conseil permanent des écrivains et le Syndicat national de l'édition, doivent s'engager dans les toutes prochaines semaines. Le ministère de la culture et de la communication, qui souhaite laisser sa chance à la négociation interprofessionnelle, sera attentif au déroulement de ces échanges qui devraient permettre d'encadrer de manière équilibrée les usages contractuels concernant l'exploitation numérique des oeuvres.