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Formation des enseignants

13e législature

Question d'actualité au gouvernement n° 0595G de M. Adrien Gouteyron (Haute-Loire - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 04/02/2011 - page 854

M. Adrien Gouteyron. Ma question s'adresse à M. le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative.

Monsieur le ministre, je souhaite vous interroger sur la formation des enseignants.

Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. Ah !

M. Jacques Mahéas. Il n'y en a plus !

M. Adrien Gouteyron. L'année dernière, 21 000 candidats se sont présentés aux concours de recrutement de professeurs de l'enseignement du second degré. C'était un peu moins que l'année précédente. Or il faut faire en sorte que les concours de l'enseignement continuent à attirer de bons candidats, si possible les meilleurs !

Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. Il n'y a pas de postes !

M. Adrien Gouteyron. Le recrutement au niveau du mastère est un facteur de revalorisation de la condition enseignante aux yeux de la société tout entière. Cette réforme était indispensable dans une société devenue de plus en plus exigeante. Il est bon de l'avoir faite, mais…

Mme Éliane Assassi. Oui, il y a un mais !

M. Adrien Gouteyron. … cette élévation du niveau de recrutement doit s'accompagner de mesures de revalorisation financière ; cela me paraît normal. Qu'en est-il exactement à cet égard, monsieur le ministre ?

Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. Vous avez voté le budget !

M. Adrien Gouteyron. En outre, la « mastérisation » du recrutement doit également s'accompagner d'une formation pédagogique. Si la formation disciplinaire est absolument nécessaire – on l'a parfois oublié –, nous savons bien qu'elle n'est pas suffisante : il ne suffit pas de posséder parfaitement une discipline pour savoir transmettre son savoir à des enfants ou à des jeunes. Il faut donc une formation pédagogique, qui soit pratique, utile, et non théorique.

Monsieur le ministre, vous nous avez indiqué que vous envisagiez de mettre en place avec votre collègue le ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche des mastères pluridisciplinaires, voire des mastères en alternance. Qu'en sera-t-il ? Où allons-nous ?

M. Jacques Mahéas. Dans le mur !

M. Adrien Gouteyron. Par ailleurs, n'est-ce pas là l'occasion de bien distinguer les fonctions d'enseignement ? En effet, on n'enseigne pas au collège comme on enseigne en classe de terminale. Il convient donc d'en tenir compte dans la formation des professeurs : que comptez-vous faire à cet égard ?

Monsieur le ministre, toutes ces questions intéressent la France et son avenir. (Applaudissements sur les travées de l'UMP.)



Réponse du Ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative

publiée dans le JO Sénat du 04/02/2011 - page 854

M. Luc Chatel, ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative. Monsieur le sénateur, si le nombre de candidats aux concours de recrutement de l'éducation nationale a marqué un recul l'année dernière, c'est en grande partie dû au fait qu'une promotion d'étudiants a pu présenter deux fois ces concours, sous l'ancienne forme et sous la nouvelle, l'année 2011 étant celle de la transition vers la mastérisation. C'est donc l'année prochaine que nous verrons si le nombre de candidats aux concours est comparable à celui des années précédentes.

Vous avez raison d'insister sur l'importance de la formation initiale des enseignants. Les enquêtes internationales qui ont été publiées récemment, notamment l'enquête PISA, démontrent d'ailleurs l'importance de ce paramètre dans la performance des systèmes éducatifs.

Nous avons bien fait d'augmenter d'une année la durée de la formation initiale de nos enseignants, comme le font la plupart des grands pays développés. Désormais, la formation se déroule à l'université et alterne des phases d'enseignement disciplinaire avec des phases d'enseignement pédagogique.

Nous avons déjà mis en place des formations pédagogiques, avec deux cycles de 108 heures en quatrième et en cinquième années d'études, des stages d'observation, des stages de mise en situation. Nous avons également développé des modules de formation spécifique pour les professeurs stagiaires l'année de leur titularisation.

Depuis la rentrée scolaire, j'ai indiqué que nous étions prêts à tirer toutes les leçons de cette phase d'adaptation, de transition, pour améliorer, si nécessaire, la formation l'année prochaine.

Valérie Pécresse et moi-même travaillons à la mise en place de mastères polyvalents, notamment pour les futurs enseignants du premier degré, et de mastères en alternance, pour assurer un meilleur équilibre entre formation disciplinaire et formation pédagogique.

Enfin, nous allons développer des modules spécifiques pour certains enseignements. En primaire, par exemple, 75 % des professeurs des écoles ont une formation plutôt littéraire. Il convient donc qu'ils étudient les disciplines scientifiques, afin de pouvoir transmettre aux élèves le goût des sciences.

Cette mastérisation se traduit aussi par une revalorisation de la fonction enseignante. Il s'agit là d'un point très important. Ainsi, nous avons augmenté le traitement de tous les nouveaux professeurs de 10 % à la dernière rentrée scolaire, soit 157 euros de plus par mois pour un professeur certifié et 259 euros de plus par mois pour un professeur agrégé. Cela représente un effort considérable.

Notre politique consiste à exiger davantage en allongeant la formation initiale et à revaloriser la fonction d'enseignant. (Applaudissements sur les travées de l'UMP. – M. Bruno Retailleau applaudit également.)

M. Jacques Mahéas. Quid de la formation pédagogique ?