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Actions de l'État en faveur d'une agriculture sans pesticides

13 ème législature

Question écrite n° 18486 de M. François Marc (Finistère - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 12/05/2011 - page 1228

M. François Marc attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire sur la dangerosité des pesticides pour la santé humaine qui est aujourd'hui bien établie. La France, première consommatrice de pesticides au monde (80 000 tonnes par an), s'est engagée, lors du Grenelle de l'environnement, à les réduire de 50 % d'ici à 2018 dans l'agriculture.
Dans sa question écrite n° 16634 relative à la « maîtrise des risques liés à l'usage des pesticides en agriculture » du 30 décembre 2010, il interrogeait déjà le Gouvernement sur son action visant à dissuader les agriculteurs d'utiliser des pesticides.
Aussi appelés produits phytosanitaires, les pesticides sont d'une nocivité durable dans les sols. De plus en plus d'études épidémiologiques montrent que leur usage est vraiment dangereux pour l'homme qui les manipule. Les agriculteurs sont donc en première ligne. Une association, « Phytovictimes », vient d'ailleurs d'être créée pour soutenir le nombre croissant d'entre eux, victimes, selon les médecins, des pesticides.
Pour parvenir à la réduction de 50 %, il va donc falloir poursuivre les recherches pour acquérir des connaissances supplémentaires. Chercheurs mais aussi conseillers agricoles, agriculteurs devront redoubler d'efforts. Des progrès restent d'ailleurs encore à faire en matière de formation du monde agricole. Les consommateurs, quant à eux, devront modifier leur comportement pour apprendre à consommer autrement, en acceptant certainement de payer plus cher des produits moins calibrés. La mobilisation doit donc être collective.
Dans la réponse du ministre à sa question écrite n° 16634, il a pris bonne note des objectifs poursuivis par le plan « Ecophyto 2018 », lancé en 2008 par le Gouvernement. Eu égard aux nécessaires et substantiels changements des pratiques agricoles et de consommation, il l'interroge de nouveau sur les efforts conjoints que l'État entend, lui aussi, déployer pour faire évoluer le modèle de production agricole.



Réponse du Ministère de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire

publiée dans le JO Sénat du 17/11/2011 - page 2925

Le plan Ecophyto 2018, lancé en 2008, poursuit l'objectif de réduction de 50 % de l'usage des pesticides en dix ans si possible. Il mobilise tous les moyens disponibles pour améliorer et réduire l'utilisation des produits phytopharmaceutiques, autant en zone agricole qu'en zone non agricole. Près de trois ans après le lancement opérationnel du plan Ecophyto, un réseau de fermes pilotes de démonstration est en place sur près de 1 200 exploitations agricoles. Plus de 3 000 bulletins de santé du végétal ont été publiés depuis deux ans sur l'ensemble du territoire. Ils permettent aux agriculteurs de connaître la situation phytosanitaire réelle et donc de mieux cibler les interventions en les réduisant. Plus de 130 000 agriculteurs ont déjà suivi une formation sur le respect de la réglementation, sur les bonnes pratiques d'utilisation des techniques de lutte intégrée, pour ne citer que quelques exemples majeurs des caps d'ores et déjà franchis. En 2011, le plan Ecophyto poursuit sa montée en puissance par un renforcement supplémentaire du réseau de fermes, par la généralisation du dispositif de formation, l'accroissement de l'effort de recherche et également un travail spécifique sur la protection des utilisateurs, qu'ils soient professionnels agricoles ou jardiniers amateurs. En effet, le ministre en charge de l'agriculture a décidé en octobre 2010 de renforcer les actions dans ce domaine. Les différentes parties prenantes au plan Ecophyto travaillent ainsi aux actions suivantes : sécuriser les matériels de pulvérisation et adapter les équipements de protection individuelle, sécuriser les conditions de manipulation des pesticides, renforcer la veille sanitaire. Ces avancées considérables sont rendues possibles par la mobilisation collective, tant chez les agriculteurs eux-mêmes qu'au sein des services de l'État et de l'ensemble des partenaires. L'implication et la bonne collaboration de tous, sur tous les territoires, est en effet le gage de réussite du plan Ecophyto 2018.