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Lutte contre l'illettrisme

13 ème législature

Question écrite n° 19640 de Mme Colette Giudicelli (Alpes-Maritimes - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 28/07/2011 - page 1965

Mme Colette Giudicelli appelle l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative sur la politique de lutte contre l'illettrisme en France.

L'illettrisme touche dans notre pays 9 % de la population âgée de 18 à 65 ans (3 100 000 personnes) et 4,9 % des jeunes de 17 ans sont en situation d'illettrisme dans le domaine de la lecture, l'écriture et le calcul notamment.

Une multiplicité de causes se combinent souvent entre elles : un passé scolaire douloureux, des situations de rupture, des difficultés familiales, professionnelles, sociales, des situations de travail où le recours à l'écrit n'est pas nécessaire, mais aussi un effritement des compétences de base lorsqu'elles ne sont pas utilisées, pratiquées, des problèmes de santé…

L'importance apparaît de prévenir très tôt les situations pour éviter que l'illettrisme ne prenne racine dès la toute petite enfance avec l'absence de familiarité avec l'écrit, le livre.

Elle lui demande donc quelles mesures peuvent être prises dans ce sens afin de lutter contre ce problème de société.



Réponse du Ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative

publiée dans le JO Sénat du 29/12/2011 - page 3341

Pour lutter contre l'illettrisme dans notre pays, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative a mis en œuvre des réformes importantes destinées à améliorer la réussite scolaire : la réforme de l'enseignement primaire qui prévoit, notamment, deux heures d'aide personnalisée en français et en mathématiques en faveur des élèves en difficulté ainsi que des stages de remise à niveau ; la généralisation de l'accompagnement éducatif ; la réforme du lycée avec l'accompagnement personnalisé des élèves en lycée général et technologique et en lycée professionnel, dont il est attendu une réduction du décrochage, potentiel facteur d'apparition de l'illettrisme chez les adultes. Dans ce contexte, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative est très attentif à tous les aspects qui concernent l'apprentissage et le développement de la lecture. Dans le cadre des nouveaux programmes entrés en application à la rentrée scolaire 2008-2009 dans toutes les classes de l'école maternelle à la fin de l'école, les instructions sont claires : « Au cours préparatoire, l'apprentissage de la lecture passe par le décodage et l'identification des mots... », il est précisé, quelques lignes plus loin dans le même texte : « dès le cours préparatoire, les élèves s'entraînent à déchiffrer... ». Ces principes sont ensuite détaillés dans la progression désormais intégrée au programme lui-même. Afin d'aider les enseignants, l'éducation nationale met à leur disposition des outils de travail, strictement conformes au programme tel le DVD Apprendre à lire et le document Lire au CP. Des recherches sont actuellement en cours sous la direction d'universitaires, avec le soutien actif du CNRS, pour définir les modalités les plus efficaces de cet apprentissage et mettre à disposition des maîtres de nouveaux outils validés par une évaluation indépendante. En mars 2010, le ministre chargé de l'éducation nationale a lancé un plan de prévention de l'illettrisme, qui entend traiter le mal à la racine, dès l'école maternelle, en faisant un effort sur l'apprentissage méthodique du vocabulaire, en stimulant la mémoire, en lisant de façon précoce des textes de qualité. En ce qui concerne l'école élémentaire, la lutte contre l'illettrisme passe par l'installation des automatismes grâce à l'apprentissage par cœur, la répétition et la récitation, l'encouragement du plaisir de lire sous toutes ses formes. Une convention avec l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme (ANLCI) a été signée. Différentes actions ont été lancées en partenariat avec plusieurs associations. Des correspondants académiques ont été désignés par les recteurs pour coordonner localement ce plan. Le plan se poursuit en 2011-2012 et des initiatives nouvelles ont été annoncées par la circulaire de rentrée (Bulletin officiel de l'éducation nationale du 5 mai 2011) comme un nouveau dispositif de repérage des difficultés d'apprentissage en grande section de maternelle ainsi qu'une évaluation des acquis en classe de 5e de collège, et la publication de ressources nouvelles pour les élèves comme pour les enseignants sur Eduscol.