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Préservation de la filière bretonne du peuplier

13 ème législature

Question écrite n° 21561 de M. François Marc (Finistère - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 22/12/2011 - page 3249

M. François Marc attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire sur les menaces qui pèsent aujourd'hui sur la filière du peuplier, historiquement très implantée en Bretagne. Actuellement, la production locale s'avère en effet insuffisante pour fournir le bois des cagettes et des bourriches des légumes et des huîtres provenant majoritairement de Bretagne.
Plus de 90 % du bois destiné au maraîchage et à l'ostréiculture de la Bretagne Nord provenaient des peupleraies de la région il y a une trentaine d'années. Ce chiffre est tombé à 20 %. Ceci s'explique par la réduction constante de la surface plantée en peupliers car les bonnes terres sont convoitées pour d'autres usages agricoles. De plus, l'insuffisant replantage d'arbres se trouve aggravé avec la fin de l'aide d'État au reboisement.
L'objectif de la filière peuplier est aujourd'hui de sauver les peupleraies restantes de l'ouest.
Une récente charte vise à favoriser le reboisement après récolte, développer l'usage du bois certifié durable et renforcer l'esprit de filière. Elle prévoit un soutien financier de 2,80 euros par plant, c'est-à-dire près du tiers du coût, pour les populiculteurs s'engageant à replanter dans les deux ans qui suivent la coupe, et à adhérer à la certification PEFC - Programme de reconnaissance des certifications forestières - (gestion durable).
Le pin maritime, le pin de Douglas et l'épicéa sont également confrontés à un problème de non-renouvellement ; cette démarche intéresse donc d'autres régions et d'autres essences. À terme, elle permettrait de préserver les surfaces exploitées de l'ouest. Au lieu d'être importé, le peuplier destiné au conditionnement des produits bretons proviendrait ainsi de terroirs voisins.
À travers la présente question, il souhaite connaître la position du Gouvernement vis-à-vis de cette initiative de relocalisation, porteuse de développement durable.



Réponse du Ministère de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire

publiée dans le JO Sénat du 16/02/2012 - page 402

Le soutien financier, par les acteurs de la transformation du bois, aux populiculteurs qui s'engagent à replanter dans les deux ans qui suivent la coupe est un signe très positif de structuration de la filière forêt bois. Le Gouvernement ne peut que se réjouir d'une telle initiative. Celle-ci prend en compte aussi bien l'intérêt des producteurs que celui des transformateurs, dans le cadre d'une gestion durable certifiée. L'État, quant à lui, dans le cadre du règlement de développement rural européen, n'est plus autorisé à soutenir financièrement la reconstitution à l'identique des peuplements. Ses aides sont donc réservées, depuis 2007, à la reconstitution après catastrophe naturelle ou à l'amélioration de la valeur économique des peuplements. S'agissant du peuplier, l'État a établi une liste régionalisée des cultivars éligibles aux aides afin d'encourager les cultures les plus performantes en fonction des conditions régionales. Les cultivars, sélectionnés pour leur adaptation aux conditions climatiques, pédologiques et sanitaires locales, sont, dans la grande majorité des cas, utilisés pour toute plantation, qu'elle bénéficie ou non d'une aide. Le groupement d'intérêt scientifique « Peuplier », créé en 2001, soutenu par le ministère de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire, met en œuvre un programme d'amélioration par la sélection de cultivars hybrides répondant au mieux aux conditions de la populiculture française. Dès 2013, les premiers cultivars améliorés seront disponibles pour les sylviculteurs. Il convient, en outre, de noter les avantages que présente le peuplier : il s'adapte à l'agroforesterie (pâtures entre les arbres), il stocke de grandes quantités de carbone, et permet de substituer un matériau bois à d'autres matériaux peu favorables voire défavorables au développement durable.