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Maladies du bois et flavescence dorée en viticulture

14e législature

Question écrite n° 03941 de M. Henri de Raincourt (Yonne - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 03/01/2013 - page 7

M. Henri de Raincourt attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt sur la situation du vignoble bourguignon. Ce dernier est frappé depuis plusieurs années par les dégâts dus aux maladies du bois (esca, eutypiose, black dead arm). À ces ravages, s'ajoute aujourd'hui la progression de la flavescence dorée. Ces maladies ont une conséquence commune : l'arrachage des pieds, voire des parcelles, touchées.
C'est pourquoi il lui demande quelles sont les mesures - notamment financières - qu'il prévoit de mettre en place afin de mobiliser la recherche pour lutter contre les maladies du bois, et celles concernant la prise en compte du désarroi des viticulteurs soumis à l'obligation d'arrachage causée par la flavescence dorée.



Réponse du Ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt

publiée dans le JO Sénat du 28/03/2013 - page 1016

Les maladies du bois, esca, eutypiose et black dead arm, résultent de l'attaque d'un complexe de champignons qui envahissent le cep, perturbent la circulation de la sève et provoquent à plus ou moins long terme le dépérissement de pans entiers de vignobles. Connues depuis toujours, elles constituent avec la flavescence dorée des dangers phytosanitaires majeurs très difficiles à endiguer. Une absence de moyens de lutte directs efficaces, alliée à l'influence de facteurs environnementaux favorisants ne font qu'aggraver cette situation qui touche plus de 15 % du vignoble. La lutte repose essentiellement sur l'utilisation de mesures prophylactiques qui nécessitent, pour être pleinement efficaces, d'être mises en œuvre de façon coordonnée et surtout généralisée sur l'ensemble d'un vignoble. Les mesures préconisées actuellement sont notamment l'utilisation de plants sains et la mise en œuvre de pratiques culturales qui minimisent les contaminations par les plaies de taille. A la suite de l'appel à projets sur les maladies du bois de la vigne, lancé en décembre 2008, piloté par l'institut français de la vigne et du vin, et financé à hauteur de 60 % par le ministère chargé de l'agriculture pour plus de 1,5 million d'euros, cinq projets de recherche appliquée et d'innovation ont été mis en œuvre. Les résultats de ces études sont aujourd'hui partiellement disponibles. Le ministère chargé de l'agriculture a donné son accord pour accompagner financièrement l'évaluation, la réorientation des recherches ainsi que leur élargissement au niveau européen. En effet, aujourd'hui, une part très large de la communauté scientifique et des organismes de développement est fortement mobilisée sur ce sujet. Des rapprochements entre programmes de recherches sont envisagés notamment avec le secteur de la forêt qui connaît des problèmes similaires avec le dépérissement forestier. À ce jour aucun moyen curatif direct n'est disponible. En parallèle aux études portant sur la biologie des champignons, des investigations de terrain doivent être diligentées. Dans l'attente, il convient de mettre en œuvre, de la façon la plus rigoureuse qui soit, les mesures prophylactiques préconisées par l'institut français de la vigne et du vin (IFV). C'est ce même institut qui coordonne l'ensemble des recherches appliquées sur le sujet. S'agissant de la flavescence dorée, sa progression semble s'accélérer ainsi que celle de son agent vecteur : la cicadelle. Des travaux ont été engagés afin de réviser et renforcer les mesures de lutte obligatoires par les professionnels (viticulteurs et pépiniéristes) contre cet organisme nuisible. Les consultations techniques réalisées en 2011 et 2012 ont permis d'identifier les voies d'amélioration à apporter à ces mesures de lutte : redéfinition des modalités d'établissement des périmètres de lutte ainsi que les conditions de surveillance et de lutte dans ces périmètres, renforcement du recours au traitement à l'eau chaude des bois et plants de vigne dans une stratégie préventive ou curative. Le dispositif organisationnel doit par ailleurs tenir compte de la réforme récente de la gouvernance sanitaire, et notamment de la mise en place des organismes à vocation sanitaire (OVS). L'ensemble de ces dispositions est inscrit dans un projet d'arrêté de lutte élaboré par les services du ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt qui entrera en vigueur dès la prochaine campagne.