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Manque d'ingénieurs

14e législature

Question écrite n° 07662 de M. François Marc (Finistère - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 01/08/2013 - page 2241

M. François Marc attire l'attention de Mme la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche sur les résultats de la dernière enquête socioprofessionnelle réalisée par l'association « Ingénieurs et scientifiques de France » (IESF).

Portant un regard régulier sur la profession d'ingénieur, cette étude révèle dans son édition 2013 une certaine insuffisance du nombre d'ingénieurs sur le marché de travail en 2012.

Très recherchées, les personnes ayant un profil d'ingénieur privilégient les grands groupes pour faire carrière. La situation crée d'une certaine manière des tensions au niveau du recrutement. L'enquête IESF 2013 précise que, une fois sur deux, les difficultés de recrutement ont eu des conséquences sur la croissance de l'entreprise.

Plus en amont, cela peut également illustrer un manque d'attractivité et de démocratisation de la filière qui ne draine pas suffisamment d'étudiants au regard des besoins, étant donné la période de crise.

Certains observateurs considèrent en effet que la France manque d'ingénieurs et de scientifiques pour innover et rendre son économie et son industrie plus compétitives.

Il souhaiterait donc pouvoir recueillir son avis sur ces problématiques et connaître les possibles initiatives que le Gouvernement juge opportun de prendre en la matière.



Réponse du Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche

publiée dans le JO Sénat du 07/11/2013 - page 3237

Selon un certain nombre d'études, dont celles de l'agence pour l'emploi des cadres (APEC) et du comité d'études des formations d'ingénieurs (CEFI), l'hypothèse d'un déficit en élèves ingénieurs peut être invalidée. En effet, certains secteurs comme le bâtiment et les travaux publics ou la chimie-biologie présentent des difficultés d'insertion et le seul flux annuel des diplômés ingénieurs couvre mathématiquement les créations nettes annuelles de nouveaux recrutements d'ingénieurs. En dehors de certains cas spécifiques de pénurie comme dans le domaine de l'informatique, les difficultés d'insertion structurelles observées pour un petit nombre de titulaires d'un titre d'ingénieur incitent à la prudence. À cela s'ajoute le fait que certaines écoles éprouvent de sérieuses difficultés de recrutement tant quantitatives que qualitatives. En outre, il convient d'observer que les entreprises trouvent une réponse à la situation de pénurie de candidats en diversifiant leurs recrutements vers d'autres types de diplômes comme par exemple les diplômes nationaux de masters. On recense environ 6 000 diplômés de master par an dont la spécialité correspond aux domaines des sciences de l'ingénieur. De plus, les formations à ce niveau ont vocation, non seulement à permettre une insertion professionnelle immédiate de qualité, mais également une évolution professionnelle ultérieure dans un contexte où les marchés et les technologies ne cessent de se transformer. Si l'enseignement supérieur parvenait à former et diplômer plus d'ingénieurs, augmentant ainsi l'offre, il existe un risque que les entreprises les embauchent à des salaires moindres et sur des fonctions ne correspondant pas à celles d'un ingénieur. Le diplôme en serait dévalorisé. Afin de répondre aux difficultés décrites précédemment, la stratégie nationale de l'enseignement supérieur définie par la loi du 22 juillet 2013 relative à l'enseignement supérieur et la recherche et actuellement en cours d'élaboration permettra de renforcer la mise en cohérence de l'offre de formation aux métiers d'ingénieur. Celle-ci passe par le renforcement de la complémentarité et de la lisibilité de l'offre entre les formations de master et celles d'ingénieur. Une vision globale de la carte des formations de niveau master à des fins de régulation pourrait permettre de pallier certains déséquilibres entre l'offre de diplômés et la demande des employeurs. Le développement renforcé de l'apprentissage au sein des écoles d'ingénieurs apparaît également comme un élément majeur de réponse, à la question de leur insertion professionnelle et de leur démocratisation. Enfin, la plus grande continuité entre les études secondaires et les études supérieures prévue par la loi, l'ouverture plus grande de l'enseignement supérieur aux élèves issus des filières technologiques ainsi que les mesures en faveur du développement, de l'apprentissage et de l'alternance dans l'enseignement supérieur, permettront d'augmenter et de diversifier le vivier des futurs élèves ingénieurs.