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Prescriptions de psychostimulants aux enfants et adolescents hyperactifs

15e législature

Question écrite n° 08853 de M. Philippe Adnot (Aube - NI)

publiée dans le JO Sénat du 14/02/2019 - page 786

M. Philippe Adnot attire l'attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé sur l'accroissement inquiétant du volume de prescriptions de psychostimulants aux enfants et adolescents considérés comme hyperactifs en France, alors que les études scientifiques mettant en lumière la dangerosité de ces amphétamines se multiplient.

Ces psychostimulants à base de méthylphénidate censés lutter contre les troubles déficitaires de l'attention avec hyperactivité (TDAH) sont, pour les plus prescrits, la Ritaline ; le Quazym ; le Concerta ; le Medikinet. Or, selon les chiffres de l'assurance maladie, le nombre de boîtes de ces psychostimulants remboursées par la sécurité sociale est passé de 503 956 en 2012 à 813 413 en 2017, soit une augmentation de plus de 61 % en seulement cinq ans...

Cet accroissement est d'autant plus inquiétant, selon la revue médicale indépendante « Prescrire », que l'efficacité de ces médicaments serait très limitée au regard des risques non négligeables qu'ils peuvent comporter. « Selon une synthèse qui a rassemblé les données de dizaines d'essais cliniques, l'évaluation du méthylphénidate chez des enfants et des adolescents souffrant d'un syndrome d'hyperactivité avec déficit de l'attention est de faible qualité. Selon ces données, au bout de quelques semaines de traitement, l'efficacité semble modeste sur les symptômes, la qualité de vie et le comportement scolaire. Les effets indésirables à long terme n'ont pas été étudiés dans des essais comparatifs alors que le méthylphénidate est connu pour exposer à des effets indésirables graves cardiovasculaires et neuropsychiques. »

Les résultats d'une étude récente réalisée par une équipe de l'université de Copenhague, publiés dans la revue médicale « Scandinavian journal of child and adolescent psychiatry and psychology », attestent, de surcroît, du fait que le méthylphénidate peut provoquer des hallucinations et d'autres symptômes psychotiques.

Au vu de ces éléments, et du caractère inquiétant pour nos jeunes de ces chiffres en augmentation constante, il souhaiterait connaître les mesures qu'elle compte prendre afin de diminuer la consommation de psychostimulants chez les enfants et les adolescents.



Réponse du Ministère des solidarités et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 20/06/2019 - page 3244

Le méthylphénidate est indiqué chez l'enfant dans le traitement des troubles déficitaires de l'attention avec hyperactivité (TDAH). Ce traitement s'accompagne d'effets indésirables cardiaques, neuro-psychologiques et cardiovasculaires lors d'un usage à long terme pour une efficacité jugée parfois modeste sur les symptômes de l'hyperactivité, de la qualité de vie et du comportement scolaire. Le rapport « Méthylphénidate : données d'utilisation et de sécurité d'emploi en France », publié en 2017 par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), mentionne en pages 10 et 11 que l'utilisation du méthylphénidate en France restait faible au regard de la prévalence de la maladie et bien inférieure à celle observée dans d'autres pays européens dont le Royaume-Uni, La Norvège, la Suède et le Danemark. La consommation de méthylphénidate est très encadrée en France. Elle est néanmoins en croissance. Dans ces conditions et consciente des inquiétudes qui persistent sur la santé des enfants traités à long terme et du recours croissant à ce traitement, la ministre des solidarités et de la santé sollicite l'ANSM pour disposer d'un état des lieux actualisé et des actions mises en œuvre.